Urbanisme, parking et personnes âgées. Brève réflexion…

Avoir un pied dans le secteur de la participation citoyenne et un pied dans le sport et la santé, ça permet de voir les choses un peu différemment. Exemple… 

Lorsque j’anime des processus participatifs concernant des projets d’aménagement urbain, il y a toujours cette question des parkings et de la place de la voiture qui revient.

Bien sûr (presque) tout le monde est conscient qu’on ne peut plus, aujourd’hui, faire des aménagements qui iraient vers le tout-à-la-voiture. Il faut favoriser la mobilité douce : vélo, voirie partagée avec piétons prioritaires sur la voiture, etc.

Mais vient toujours la question des personnes âgées et des PMR, et la nécessité de garder des places de parking les plus proches possibles des commerces, par exemple, pour qu’elles aient le moins possible à marcher.

Si ça peut paraître sensé au niveau urbanistique, c’est par contre contradictoire avec toute prescription en matière de santé ! S’il y a UNE chose dont on est sûr, c’est qu’il faut faire tout ce qui est possible pour que les personnes âgées marchent le plus possible.

Il y a de très nombreuses études qui montrent que le fait de marcher est un indicateur très précis de l’espérance de vie. Plus une personne âgée marche, plus longtemps elle vivra (et surtout plus longtemps elle vivra en bonne santé)

Soyons super clairs : Si Madame Brichard, 75 ans, marche 20 minutes par jour, il est probable qu’elle vive plus longtemps que Madame Sevrin, 75 ans également, qui ne marche pratiquement pas.

Autrement dit, les aménagements urbains doivent favoriser la marche des personnes âgées, plutôt que la minimiser. Alors, bien sûr, il faut des aménagements qui donnent, aux personnes âgées, l’envie de marcher : de trottoirs sécurisants, des bancs pour faire des pauses, des vitrines attrayantes, un cadre accueillant, etc.

En puis, pourquoi pas des “programmes” pour aider les personnes âgées à maintenir une activité physique ? En fait, je dirais qu’au sein des communes ou des municipalités, il faudrait que ce soit le même échevin ou adjoint au maire qui soit en charge de l’aménagement urbain, des personnes âgées (ou de la santé) et de la mobilité. Tout cela est étroitement lié, et il faut avoir une politique transversale.

Et pour les personnes dont la mobilité est vraiment réduite (chaises roulantes, cannes, béquilles, déambulateurs, etc…) ?

➡️ Le point central reste le même : entre 2 personnes en chaise roulante, par exemple, et à handicap égal, celle qui pratique le plus d’activité physique sera celle qui sera en meilleure santé. Mais à nouveau, il faut prévoir des aménagements publics qui font qu’il est agréable de circuler dans la ville, quel que soit le handicap, ou la limitation qu’on a…

Quelques références (par rapport à la marche) :

  • Walking and mortality in Japan: the Miyagi Cohort Study, J Epidemiol. 2004 Feb;14 Suppl 1:S26-32.
  • Does walking decrease the risk of cardiovascular disease hospitalizations and death in older adults? J Am Geriatr Soc. 1996 Feb;44(2):113-20.
  • Reduced diabetic, hypertensive, and cholesterol medication use with walking., Med Sci Sports Exerc. 2008 Mar;40(3):433-43
  • Walking to work and the risk for hypertension in men: the Osaka Health Survey., Ann Intern Med. 1999 Jul 6;131(1):21-6.
  • Cost-benefit analysis of walking to prevent coronary heart disease., Arch Fam Med. 1994 Aug;3(8):703-10.

Par rapport à la mobilité réduite

  • Can Physical Activity Improve the Health of Wheelchair Users? A Systematic Review, Evidence-based Practice Center Systematic Review Protocol
  • The health benefits and constraints of exercise therapy for wheelchair users: A clinical commentary, Afr J Disabil. 2017; 6: 337.

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