Coronavirus : C’est à la manière dont seront sanctionnées les erreurs politiques que nous pourrons juger nos démocraties.

En France, comme en Belgique, comme un peu partout dans le monde, cette pandémie de Covid-19 a révélé, plus que jamais, la faillite de celles et ceux qui nous dirigent. 

Dès le mois de janvier, des experts ont tenté de les avertir du danger de cette épidémie, de la nécessité de couper toute liaison aérienne avec la région chinoise concernée, de préparer nos services hospitaliers, etc. Mais ils n’ont pas écouté. 

Résultats : une épidémie muée en pandémie mondiale, des milliers de morts, une économie mondiale à l’arrêt, des populations confinées à domicile. 

Et il faut bien comprendre une chose : un des points essentiels de la démocratie, c’est que les dirigeants ne peuvent pas faire n’importe quoi en toute impunité. Ca, c’est le propre de la dictature ou de la tyrannie. 

Un dictateur peut se permettre de mettre en danger son peuple, d’affamer sa population, voire même d’en massacrer une bonne partie, sans craindre de ne pas être réélu… parce que, précisément, c’est une dictature ! 

La démocratie, ça doit être exactement l’inverse de cela ! Le pouvoir, en démocratie, doit être quelque chose de toujours très précaire. De très risqué, même ! Risqué, parce que quand on a une fonction, en démocratie, on a des comptes à rendre constamment face à la population. Ca implique donc de très grandes responsabilités. On est RESPONSABLE des décisions qu’on prend devant le peuple, généralement représenté par une assemblée. 

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Coronavirus : Et si nous *décidions* de prendre ça comme une alerte quant à notre mode de vie ?

Je ne veux pas du tout tomber dans cette idée qu’avec le coronavirus, la Nature nous « enverrait » un message. Je ne pense pas que « la Nature » puisse avoir une intention, un dessein, une volonté. Ce serait faire ce qu’on appelle du « finalisme », et ce n’est pas mon truc. 

Par contre, je pense qu’on peut *décider* de prendre un événement comme un message, une alerte, un avertissement. Un peu comme quelqu’un qui n’aurait pas une vie très saine, et qui ferait un petit accident cardio-vasculaire ou qui développerait, assez jeune, du diabète. Est-ce son corps qui le prévient qu’il doit changer de comportement avant qu’il ne soit trop tard ? Je ne pense pas que notre corps puisse développer une telle intention, indépendante de notre propre Raison. Par contre, je crois qu’on peut rationnellement décider de prendre cela comme un avertissement… ou au contraire, décider de s’en foutre et de continuer comme avant. 

Cet exemple est assez facile à comprendre. Et c’est au final assez proche de la « téléologie transcendantale » de Kant (telle que je la comprends). En deux mots, nous devons moralement et cognitivement « supposer » que la nature a une volonté, pour d’une part agir, et d’autre part, comprendre cette nature.

Tout ça pour dire que les premières études qui arrivent déjà sur le Covid-19 ne peuvent que faire réfléchir… et agir.  

1) 99% des personnes décédées en Italie souffraient déjà de problèmes de santé, avant de contracter le coronavirus. Et parmi ces facteurs de co-morbidités, 73,8% des personnes décédées souffraient d’hypertension, 33,9% de diabète et 30,1% de maladies coronariennes (pour citer les principales causes). 

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Coronavirus : la propagation d’une communauté à l’autre

Yaneer Bar-Yam fait partie des scientifiques qui ont été les premiers à prendre la mesure des dangers du coronavirus, dès le mois de janvier. 

Le 19 mars, il a publié cette note très intéressante sur la contagion de communauté à communauté. 

A lire ici : https://necsi.edu/eliminating-covid-19-a-community-based-analysis

Une très brève synthèse, ci-dessous, mais je vous invite à lire l’article : 

1) La plupart des études s’intéressent uniquement à la contagion d’individu à individu. 

2) Cette analyse s’intéresse au nombre moyen de communautés qu’infecte une communauté infectée. 

3) Peu importe la taille de la communauté : pays, ville, etc…

4) La contagion de communauté à communauté est *proportionnelle* à la probabilité qu’un individu d’une communauté infectée voyage jusqu’à une communauté non-infectée, et *exponentielle* par rapport à la longueur du délai des actions prises au sein de la communauté. 

Dit autrement : 

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Communion de ma grand-mère, guerre, coronavirus, et événements inattendus…

Parmi ces petits faire-part de communion, il y a celui de ma grand-mère, Carmen Bovy, daté du 29 mai 1940. En réalité, elle n’a pas fait sa communion ce jour-là, puisque qu’un événement majeur du 20ème siècle est venu tout chambouler : la Seconde guerre mondiale. Le 28 mai 1940, c’est-à-dire la veille, la Belgique capitulait face à l’Allemagne nazie. 

Mon arrière-grand-mère ayant connu la Guerre 14-18, et entendant l’arrivée des Allemands, décidait de prendre le chemin de l’exode vers la France, avec tous ses enfants, et les tartes prévues pour la communion emballées dans un drap, comme nourriture pour la route. Ma grand-mère marchait vers le sud de la France, avec ses souliers de communiante tout neufs. Au niveau de Clermont-Ferrand, après plusieurs jours (semaines ?) de marche, ses semelles étaient usées jusqu’au trou… 

J’ai grandi avec cette histoire. Et une chose m’a toujours marqué : la veille de la Seconde guerre mondiale, qui a plongé, durant 5 ans, le monde dans le chaos, la tragédie, l’horreur… on ne se doutait de rien ! On préparait des tartes. 

Bien sûr, certaines personnes ont dû essayer d’alerter tout le monde. Mais visiblement, la plus grande partie de la population n’a pas pris conscience du danger imminent. 

Et je crois qu’il en va de même pour tout changement potentiel. Quelques jours avant la chute du mur de Berlin, qui aurait dit que ce mur qui structurait l’Europe allait s’écrouler ? Qui aurait parié sur la chute de l’URSS quelques jours avant que ça n’arrive ? Ou sur la crise financière de 2008 ?

… Et qui aurait parié sur le fait que la Belgique, comme beaucoup de pays européens, allait fermer ses écoles, ses universités, ses cafés, ses restaurants et annuler tout rassemblement, durant plusieurs semaines, à cause d’un virus ?

Oh, bien sûr, certains et certaines ont essayé d’avertir. J’ai relayé un article qui provenait de tout cela dès les premiers jours… Mais jusqu’il y a une semaine, certains inconscients répétaient encore que « ce n’est qu’une grippe », « on stresse pour rien », « cette panique est irrationnelle », etc… 

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Parution : Néo Santé, n°98, mars 2020

Nouvelle parution : “Sucre et santé mentale”, Néo Santé, mars 2020, n°98, p. 24. 

Je publie ce mois-ci “Sucre et santé mentale” dans Néo Santé. Consommer du sucre peut perturber fortement notre fonctionnement hormonal, et provoquer des sautes d’humeur importantes.
On connaît évidemment l’impact du sucre sur l’insuline, mais il y a un effet domino sur le cortisol, l’adrénaline, la sérotonine, la dopamine, et tout un ensemble d’hormones et de neurotransmetteurs. La médecine a d’ailleurs observé de nombreux liens entre diabète et dépression.

Les Stoïciens, qui se caractérisaient par leur calme et leur humeur stable (l’expression “être stoïque” est restée), avaient compris qu'”une trop copieuse nourriture [émoussait] la pensée” (Sénèque). Et de fait, une nourriture trop copieuse en sucre peut provoquer des pics d’énergie… suivis de chutes en dépression.

Diminuez votre consommation de sucres rapides (en mangeant par exemple plus de légumes, qui ont généralement un index glycémique assez bas) et vous verrez que votre comportement se modifiera ! 😉

Plus d’informations dans l’article…

Coronavirus et principe de précaution

J’espère que ni vous ni moi ne connaîtrons quelqu’un grièvement touché par le COVID-19. La situation actuelle est en tout cas le meilleur exemple de deux manières de gérer le risque. 

  • D’un côté : les spécialistes du risques (mathématiciens, etc.), les médecins de terrain, et la sagesse populaire.
  • De l’autre : les bureaucrates, les politiques, et une bonne partie des journalistes. 

Rappel : 

Dès le 26 janvier 2020, des chercheurs et spécialistes en gestion du risque (Nassim Nicholas Taleb, Joseph Norman et Yaneer Bar-Yam) ont publié une note. Elle rappelait un principe de base : MOINS on en sait, PLUS il faut prendre des précautions. Note disponible ici :  https://www.academia.edu/41743064/Systemic_Risk_of_Pandemic_via_Novel_Pathogens_-_Coronavirus_A_Note

Je la partageais le 1er février. 

Il y a quelques jours, pendant que des éditorialistes et journalistes nous disaient qu'il n'y avait pas à s'inquiéter du…

Publiée par Yves Patte sur Samedi 1 février 2020

On ne savait pas encore grand chose sur la contagion et la mortalité de ce nouveau virus, donc il fallait prendre un maximum de précaution. Dit autrement, si on ne sait pas si c’est “comme la grippe habituelle”, n’agissons PAS comme pour la grippe habituelle.

C’est aussi du BON SENS. Si tu ne sais pas si c’est un poison, ne le bois pas.

Ce à quoi les bureaucrates, politiques et journalistes ont répondu : Non, inversement, tant qu’on n’a pas de preuves que c’est autre chose que la grippe habituelle, agissons comme si c’était la grippe habituelle : “It’s just the flu !”, répétaient-ils. Tant qu’il n’y a pas de preuves qu’il faut prendre des précautions, n’en prenons pas. 

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Parution de “Psychologie évolutionniste et maladies mentales”

Néo Santé Édition publie, sur son site, un article de synthèse que j’ai écrit sur la psychologie évolutionniste ou “Evo Psy”.

L’article est assez long (plus long que mes formats habituels dans Néo Santé), je vous en fais ici un résumé et vous invite à aller lire l’article, si ce sujet vous intéresse. C’est un champ d’analyses assez fascinant !

Lien : https://www.neosante.eu/psychologie-evolutionniste-et-maladies-mentales/

En quelques mot… ➡️ Notre corps est encore très très majoritairement adapté à l’environnement que nous avons connu durant des millions d’années. Beaucoup de traits de notre anatomie et de notre métabolisme s’expliquent par notre évolution. C’est vers ça que convergent tous les arguments en faveur d’un entraînement fonctionnel, de méthodes naturelles d’entraînement (MovNat), l’exposition au froid (The Iceman (Wim Hof)), et surtout de l’alimentation paléo : courir pieds nus ou en minimalistes, ne rien manger d’inflammatoire et de transformé, le jeûne intermittent, etc.

Mais qu’en est-il de notre comportement ? Est-ce qu’il y a des éléments de notre comportement qu’on peut comprendre et expliquer à partir de notre évolution ?

(Remarque : rien que poser la question, c’est déjà sortir de la sociologie, où l’on est censé expliquer le social par le social, comme le voulait Emile Durkheim. Je crois pourtant qu’il y a la place pour une approche empirique pluridisciplinaire).

C’est fascinant à quel point une approche évolutionniste peut être à la croisée des disciplines scientifiques, et l’article propose d’en faire la cartographie : anthropologie, sociologie, psychologie, psychiatrie, psychopathologie, biologie, éthologie, primatologie…

… Et bien sûr la théorie darwinienne de l’évolution, qui représente un peu la colonne vertébrale de tout cela.

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Parution : Néo Santé, n°97, février 2020

Nouvelle parution : “Comment freiner le vieillissement”, Néo Santé, février 2020, n°97, p. 24. 

Plus précisément, l’article s’intéresse à ce qu’on peut faire pour garder un mode de vie indépendant le plus longtemps possible.

Dans le CrossFit, on apprend que le manque de mouvement fonctionnel amène à l’état de “décrépitude” : lorsqu’on n’est plus capable d’effectuer les tâches quotidiennes, et qu’on a donc besoin d’une assistance (ce qui conduit généralement vers un placement en maison de repos).

Alors, comment retarder l’atrophie musculaire et cérébrale qui nous amène tout droit vers la perte de l’autonomie ? C’est tout l’objet de l’article 😉

Ce qui est intéressant, c’est que la médecine et la société moderne nous permettent de vivre bien au-delà de nos capacités physiques et mentales de base, ce que nous ne pouvions probablement pas faire au cours de notre évolution. Cette augmentation de l’espérance de vie est certainement un progrès social. Mais il est intéressant de remarquer que ce qui nous permettra de vivre le plus vieux en toute indépendance, par nous-même, est l’alimentation et l’activité physique que nous avons connues durant les millions d’années de notre évolution.

Parution : Néo Santé, n°96, janvier 2020

Nouvelle parution : “Autisme et glyphosate”, Néo Santé, janvier 2020, n°96, p. 24. 

Ces derniers années, plusieurs recherches ont été menées afin de voir si les observations pouvaient supporter l’hypothèse d’une association entre l’augmentation de l’utilisation du glyphosate et l’augmentation des troubles du spectre autistique, depuis le début des années ’80.

Deux recherches, parues en 2017 (Integrative Medicine) et 2019 (The British Medical Journal), ont montré un lien entre trouble autistique et exposition au glyphosate.

Il semblerait que ça soit au niveau du microbiote intestinal que ça se joue. Non seulement, le glyphosate tend à perturber ce microbiote (et on sait qu’il y a des liens entre autisme et microbiote), mais il tend également à endommager la barrière hemato-encéphalique, protégeant notre cerveau des toxines et autres agents pathogènes.

Plus de détails dans l’article…

Appareils connectés et portables : des questions en termes de santé et de liberté

Un très bon texte à lire : “Wearables: the New Handcuffs ? Silicon Valley Surveillance Meets Healthcare’s Mechanisms of Control“.

Ce texte parle des appareils connectés et portables (“wearables” en 🇬🇧) et de leur utilisation en matière de santé. Je vous en fais une brève synthèse en 🇫🇷, et je rebondirai sur certains points…

L’auteur est Russ Greene, directeur de la recherche et des relations avec le Gouvernement, au sein de CrossFit, Inc.

Le texte pointe du doigt 3 tendances actuelles du monde de la santé et du fitness qui pourraient nous amener tout droit dans un univers orwellien : ⤵️

1) la médicalisation de la vie quotidienne (de l’alimentation, du mouvement, du sommeil, etc.)
2) les appareils de surveillance portables et connectés
3) le contrôle par l’Etat des données relatives à notre santé

Première chose : il faut bien comprendre que ce genre de préoccupations explique aussi les craintes vis-à-vis de l’ “Obama Care” aux Etats-unis. Certains des architectes de cette réforme du système de protection sociale aux États-Unis ont effectivement prévu un monitoring des patients en temps réel, grâce à des appareils connectés.

Point par point :

1) la médicalisation de la vie quotidienne commence par la “pathologisation” de la santé. Au lieu d’encourager les médecins à éduquer aux comportements sains, la tendance est au fait de considérer toute personne comme un patient potentiel qui devrait bénéficier de traitements, que ce soit en matière d’alimentation, d’exercice ou de sommeil. Continue reading Appareils connectés et portables : des questions en termes de santé et de liberté