Parution : Néo Santé, n°72, novembre 2017

Nouvelle parution : “Microbiote et symbiose”, Néo Santé, n°72, novembre 2017, p. 24.  Dernier volet de ma série sur les bactéries qui co-évoluent avec nous depuis des millions d’années. Nous co-évoluons en symbiose : il est donc préférable d’éviter de détruire ce microbiote avec des antibiotiques à tout-va ou avec de mauvais choix alimentaires ! Je prends l’exemple de la bactérie H. Pylori, dont la présence est associée au cancer de l’estomac, mais dont l’absence est également à tout un ensemble de troubles de santé, dont l’obésité.

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Brève réflexion sur le Glyphosate

En plus de révéler que les décideurs européens suivent davantage l’avis des lobbies phytosanitaires que celui des citoyens, le débat actuel sur le Glyphosate montre que ces décideurs (et les pseudo-organismes scientifiques comme l'”European Food Safety Authority” et l'”European Chemicals Agency” ne comprennent même pas les principes de base du raisonnement scientifique.

Laissez-moi résumer ça simplement :

On ne peut pas prendre l’absence de preuve pour la preuve de l’absence.

C’est la base de la connaissance : L’induction (généraliser à partir des faits singuliers) n’amène aucune certitude. Et lorsqu’on parle de santé, mieux vaut avoir des certitudes.

Prenons un exemple simple : mettons 999 boules noires dans un sac, et 1 boule blanche. Je tire, une à une, 500 boules. Elle sont toutes noires. Si à partir de mes observations, j’en induis que toutes les boules du sac sont noires, je me trompe !

Probablement que chaque nouveau tirage d’une boule noire renforcera ma certitude : “toutes les boules sont noires”… jusqu’à ce que la boule blanche apparaisse, venant définitivement me donner tort !

Lorsque l’European Food Safety Authority affirme que le “poids des preuves indique que le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien”, cet organisme tombe dans cette erreur naïve.

En prévention des cancers, on parle de “NED” (No Evidence of Disease) lorsqu’on ne trouve plus de tumeurs chez un patient anciennement atteint de cancer. Mais tout médecin dira qu’on ne peut pas, pour autant, parler d’Evidence of No Disease, c’est à dire que l’absence de preuve d’une tumeur n’est pas la preuve d’absence de tumeurs.

DONC : On pourrait faire faire 10.000 tests sur le Glyphosate, ça ne prouvera pas que sur l’ensemble des individus, sur un temps long, ça n’aura pas de conséquences dramatiques en terme de santé.

L’absence de preuve n’est jamais une preuve d’absence. Dit autrement, l’absence de quelque chose ne prouve jamais rien. Si je vois une homme tuer quelqu’un, je peux dire que c’est un meurtrier. Si je ne vois pas cet homme tuer quelqu’un, ce n’est peut-être pas un meurtrier, ou peut-être que si… Je n’en sais rien !

Cette erreur a fait l’objet d’innombrables analyses depuis… plus ou moins 2000 ans ! 

  • Sextus Empiricus, au 2ème siècle, dans les “Hypotyposes” (Livre II)
  • Au 18ème siècle, David Hume dans son “Traité de la nature humaine” (1739)
  • Au début du 20ème siècle :
    • Bertrand Russell, dans ses “Problems of Philosophy” (1912)
    • Karl Popper, dans “Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance” (1979)

Alors, qu’on tombe dans cette erreur naïve d’induction dans des recherches sur des sujets peu importants (disons dans les études de marché, les prévisions électorales ou des études d’audimat), ce n’est pas si grave, mais qu’on le fasse sur la question des perturbateurs endocriniens ou de substances potentiellement cancérigènes, ça c’est très très grave !! 

Ce qui devrait prévaloir, à tous les coups, c’est une prudence extrême !! … le principe de précaution, en fait. Si un jour, on découvre des cas de maladies dues au Glyphosate (ce qu’il semble qu’on est déjà en train de découvrir), le poids des évidences des études pro-Glyphosates tombera d’un seul coup… mais il sera trop tard !

Allez, un dernier témoignage pour finir :

“De toute mon expérience, je n’ai jamais été (pris) dans un accident (de bateau) (…) Je n’ai jamais fait de naufrage, ni n’ai été dans une situation qui aurait menacé de finir en désastre d’aucune sorte” (Capitaine du Titanic, 5 ans avant le naufrage le plus célèbre de l’Histoire)* 😉

* Témoignage repris à Nassim Nicholas Taleb, “The Black Swan”, p.42.
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Parution : Néo Santé, n°71, octobre 2017

Nouvelle parution : “Des Microbiotes à l’Holobionte”, Néo Santé, n°71, octobre 2017, p. 24. Troisième volet de ma série sur milliards de bactéries qui peuplent notre corps et co-évoluent avec nous depuis des millions d’années !
 
[Holobionte] Communauté formée par une plante et les micro-organismes qui co-habitent avec elle.
 
[Extrait] :
 
“Si on s’intéresse aux gènes de l’ensemble de ces organismes, on a ce qu’on appelle l’ “Hologénome” : l’ensemble formé par nos gènes, les gènes des milliards de bactéries que nous hébergeons, et les gènes de tout ce qui nous entoure au quotidien.
 
Voilà qui donne un peu le vertige ! Nous sommes très peu de choses, au milieu de ces milliards de gènes qui interagissent à tout instant, et dont les interactions sont le fruit de milliards d’années d’évolution.”
 
C’est quelque chose de FASCINANT et l’impact sur notre alimentation et notre santé est immense ! Surtout, si on considère qu’on est en train de détruire ce microbiote, au même titre que l’environnement ou la biodiversité animale et végétale…
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On ne nous fera plus avaler n’importe quoi ! (Conférence)

Un IMMENSE MERCI à toutes celles et ceux qui ont venus à la conférence du 15 septembre à CrossFit Nivelles ! Vous étiez plus d’une centaine !!

C’était la première fois que je mettais, sous forme de conférence, tout ce que j’ai écrit ces dernières années sur l’alimentation naturelle et sur la reprise en main de sa santé (#Onnenousferaplusavalernimportequoi) et je me dis déjà qu’il y a plein de chose que j’ai oublié de dire, ou que je devrais modifier !
Merci en tout cas pour votre attention !!

Le Facebook Live ne donne pas très bien à cause du manque de luminosité, on le sait pour la prochaine fois, et je vais essayer de produire une autre vidéo : https://www.facebook.com/CrossFitNivelles/videos/1671105082930786/

Merci également au chef Dany Lombart pour les délicieux plats qu’il nous a fait parvenir ! C’est cela que vous retrouverez dans les plats O-Food en préparation !!

Envie d’accueillir cette conférence sur l’alimentation ? Discutons-en : yvespatte@gmail.com

Comment la résumer en une phrase ? : “Ce qui se fait en dépit de la nature ne sied jamais bien” (Cicéron).

… D’où la nécessité de définir ce qui caractérise notre nature, et donc l’alimentation qui nous sied le mieux. Au delà de toutes les tendances/modes sur l’alimentation, mon but est de définir ce qu’est “une alimentation la plus naturelle possible”.

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Parution : Néo Santé, n°70, septembre 2017

Nouvelle parution : “Equilibrer le microbiote intestinal”, Néo Santé, n°70, septembre 2017, p. 24.
Deuxième volet sur le rôle fondamental de ces milliards de bactéries qui peuplent notre corps, formant pratiquement un organe à part entière, de 1,5 kg ! Nous vivons en symbiose avec ces bactéries. Nous vivons dans la Nature, mais une partie de la Nature vit en nous, au sens le plus concret de l’expression. Le problème est que notre alimentation industrielle détruit ce microbiote. Cet article présente des recherches sur le microbiote de différents peuples africains, dont les chasseurs-cueilleurs Hadza.

Deux infos pour aller plus loin :

  • Préparation d’un livre avec Marc Bégoud, de Super7.fr, sur l’alimentation paléo !
  • Ma conférence du 15 septembre, à CrossFit Nivelles, intitulée “On ne nous fera plus avaler n’importe quoi !”. Inscrivez-vous à l’événement Facebook !
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Brève réflexion sur la contamination des oeufs et le rôle de l’AFSCA

Illustration : Les Humeurs d’Oli

Dans un article de L’Echo, Philippe Baret, professeur à la faculté des bio ingénieurs de l’UCL explique : “L’Afsca (…) va avoir tendance à venir contrôler un petit producteur et à faire confiance a priori aux acteurs historiques de l’agro-industrie.

De fait :

  • l’AFSCA déverse du détergent sur des tartes faites par les habitants d’un village lors d’une fête locale… parce qu’il y a “de la poussière et des araignées”.
  • l’AFSCA fait couper une haie d’aubépines quasi centenaire pour “un risque potentiel de feu bactérien pour les vergers voisins”.
  • l’AFSCA fait interdire l’utilisation de petits fruits sauvages par une maraichère bio, parce qu’ils ne sont pas “traçables”.
  • l’AFSCA fait fermer un frigo solidaire à Namur.
  • l’AFSCA interdit à des cuisiniers de boire de l’eau en cuisine en pleine canicule.

… Mais l’AFSCA ferme les yeux sur la contamination au Fipronil, un insecticide interdit !

Observation #1 : La meilleure manière de diminuer les risques alimentaires est de favoriser une alimentation décentralisée, locale, bio, à petite échelle et ancestrale.
-> Fournir des oeufs à 100 personnes génère moins de risques que de fournir des oeufs à 100.000 personnes.
-> On a survécu des millions d’années avec des araignées, de la poussière, et des fruits non-traçables. On connaît par contre peu l’impact du Fibronil sur la santé à long terme.
-> l’AFSCA favorise le modèle alimentaire le plus risqué.

Observation #2 : l’AFSCA fait partie de ces institutions “iatrogènes”. En voulant éliminer tout risque alimentaire à coups de réglementation, l’institution favorise les grosses industries qui ont les moyens financiers et humains de répondre à toutes ces réglementations, alors même que ces grosses industries vendent majoritairement des produits de moins bonne qualité nutritionnelle, lorsqu’ils ne sont pas carrément néfastes pour la santé, et à la base de tout un ensemble de troubles de santé hautement plus dangereux : diabète, hyperinsulinémie, hypertension, athérosclérose, inflammation chronique, certaines formes de cancer, etc. Au final, Mac Do et Coca-Cola ont beaucoup moins de chances d’être pénalisés par l’AFSCA qu’un petit maraîcher bio.

La solution n’est pas dans un changement de fonctionnement de l’AFSCA. La solution est dans un nouveau modèle de société.

Article de L’Echo : http://www.lecho.be/dossier/choixredac/Philippe-Baret-UCL-L-Afsca-se-cache-derriere-ses-controles/9921482

Un lien : le groupe Facebook Protégeons nos produits artisanaux de l’AFSCA

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Parution : Néo Santé, n°69, juillet-août 2017

Nouvelle parution : “Equilibrer le microbiote buccal”, Néo Santé, n°69, juillet-août 2017, p.24. C’est lorsque nous mettons ce que nous mangeons dans notre bouche que tout commence : plus de 700 espèces de bactéries rentrent en action, uniquement dans notre cavité buccale ! Et certaines nous accompagnent depuis des millions d’années ! Mais l’apparition de l’agriculture, et puis des produits industriels, a appauvri ce “microbiote oral”… au profit des bactéries les plus cariogènes !

La santé de notre bouche est très importante, elle est même un très bon indicateur de notre santé générale. Alors, autant préserver ces milliards de bactéries avec l’alimentation la plus saine possible !

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Parution : Néo Santé, n°68, juin 2017

Nouvelle parution : “Pourquoi manger local et de saison ?”, Néo Santé, n°68, juin 2017, p.24. Je parle assez souvent de l’intérêt de manger local et de saison, principalement pour des raisons environnementales et de développement local face à la grande distribution. Mais manger comme cela est également très important dans une optique santé. Pourquoi ?

  1. Parce que les aliments de saison nous apportent ce dont nous avons besoin au moment où nous en avons besoin : hydratation et protection par rapport aux rayons du soleil en été (baies, carottes, tomates, etc.), apport calorique supplémentaire au fur et à mesure que les températures baissent en automne (noix, potirons, choux…), et ainsi de suite pour les quatre saisons.
  2. Plus les fruits et les légumes sont consommés rapidement après leur récolte, plus ils sont nutritifs. En moyenne, les aliments vendus en grande surface auront attendu plus d’une semaine entre leur récolte et leur consommation. Les brocolis auront perdu 56% de leur vitamine C. Les haricots verts : 77% !

Plus d’infos dans l’article…

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Parution : Néo Santé, n°67, mai 2017

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Nouvelle parution : “Commet prévenir les calculs rénaux ?”, Néo Santé, n°67, mai 2017, p.24. Voilà un trouble de santé auquel on ne pense pas nécessairement lorsqu’on parle des maladies qui augmentent dans nos sociétés industrialisées. Il a pourtant doublé ces 15 dernières années, au point qu’on estime qu’aux Etats-Unis, une personne sur quinze connaîtra une expérience (douloureuse !) de pierres aux reins. On sait évidemment qu’il faut réduire le sel et bien s’hydrater. Mais d’autres causes peuvent intervenir : manque de magnésium, régime cétogène, et déséquilibre entre vitamine D et vitamines A et K2. Au niveau de la vitamine D, le soleil pourrait jouer un rôle : plus on descend vers des latitudes ensoleillées, plus le risque augmente. Mais cela est-il dû uniquement à la déshydratation liée à la chaleur ? Le point sur la question dans l’article…

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Parution : Néo Santé, n°66, avril 2017

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Nouvelle parution : “Jeûner pour doper le cerveau”, Néo Santé, n°66, avril 2017, p.24. Si vous avez déjà testé le jeûne, vous avez peut-être ressenti cette impression d’être plus alerte ? Cela pourrait se justifier au niveau cérébral et trouver son origine sans nos pratiques de chasse ! A lire dans Néo Santé…

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