“Don’t Panik” de Médine et Pascal Boniface

medine&boniface

progressiste /pʁɔ.ɡʁɛ.sist/ : Partisan du progrès, d’une modification de la société par des réformes ou la révolution. Larousse : “Aux États-Unis, s’est dit d’un mouvement réformateur combattant les excès de la société industrielle et l’injustice sociale.”

J’aime bien les gens qui sortent du cadre, qui ne se complaisent pas dans les rôles et les discours qu’on attend d’eux. Je savais que c’était le cas de Médine; je connaissais moins Pascal Boniface, directeur de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS).

medine&bonifaceLivreDon’t Panik” est le dialogue entre deux univers, le hip-hop et la recherche. Entre deux personnalités qui ne veulent pas s’enfermer dans leur univers respectif. Et qui témoignent d’une grande ouverture.

L’un comme l’autre tentent d’adopter un point de vue universaliste sur tout un ensemble d’enjeux – en particuliers ceux qui touchent aux particularismes : la religion, l’identité, le racisme, etc. Qu’est-ce que ça signifie d’être Français et musulman, en France aujourd’hui ? En question de fond : a-t-on besoin de hiérarchiser nos identités ? Comment les jeunes musulmans se définissent-ils ? Comment “la société”, les médias, les définissent-ils ? Et comment répondre à la stratégie de la peur à l’égard des musulmans instaurées par certains médias et partis politiques ?

Ce dialogue entre Médine et Pascal Boniface représente un point de vue original et intéressant sur ces enjeux identitaires et sociétaux. Une telle “fraternité” (Pascal Boniface rappelle que le principe de “Fraternité” est souvent oublié derrière ceux de “Liberté” et d’”Egalité”…) est assez rare dans les médias pour que ça vaille la peine de jeter un coup d’oeil dans ce livre !

J’m'enfermerai pas non plus dans l’image du muslim réac’” (Médine, Biopic)

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Relire Marcuse et Debord aujourd’hui…

marcuse

Sérendipité /se.ʁɑ̃.di.pi.te/ féminin : le fait de trouver quelque chose par hasard. Le terme provient d’un conte traditionnel persan “Les Trois Princes de Serendip” de Horace Walpole (1754) dans lequel les héros étaient tout le temps en train de trouver par accident ce qu’ils ne recherchaient pas.

Robert K. Merton, dans “The Travels and Adventures of Serendipity: A Study in Sociological Semantics and the Sociology of Science“, précise que la sérendipité est “l’observation surprenante suivie d’une induction correcte“.

J’ai toujours eu l’impression que la sérendipité pouvait rejoindre une sorte d’instincto-thérapie dans nos choix de lecture. On se laisse guider par des choix de livres qui ont souvent un intérêt intellectuel, sur le moment même, comme si intellectuellement, on savait qu’on avait besoin de ça maintenant.

C’est comme ça que tout dernièrement, ma main s’est posée sur deux ouvrages que j’ai dans ma bibliothèque depuis plus de 10 ans : “La Société du Spectacle” (1967), de Guy Debord, et “Vers la Libération” (1969) d’Herbert Marcuse

Qui lit encore ces deux auteurs actuellement ?

… Et pourtant ! La relecture de ces deux auteurs pourrait susciter de nouvelles questions, à l’aune de la société actuelle. Et surtout susciter de nouvelles prises de position dans le champ actuel de la contestation…

L’oeuvre de Marcuse constitue, pour moi, une des meilleurs critiques de la société de consommation et de l’aliénation qui en résulte. Beaucoup de constats qu’il pose en 1969 sont encore pertinents actuellement. Tout se passe comme si la société qu’il décrit à cette époque n’avait fait que s’exacerber au fil des décennies. Sa critique n’est en que plus précieuse à l’heure actuelle. Du coup, c’est comme si on devait arriver à faire actuellement ce qu’on n’était pas arrivés à faire en 1968 et dans les années suivantes. Peut-être était-ce trop tôt en 1968 ?

Marcuse décrit une société dans laquelle l’Etat et l’économie forment un même système aliénant. “La loi de l’offre et de la demande établit une harmonie entre les dirigeants et les dirigés” (p.24), “l’exploitation et la domination ne sont plus ressenties comme pénibles, elles sont ‘compensées’ par un niveau de confort jamais égalé” (p.25).

GuyDebordDepuis les années ’60, l’espace politique s’est polarisé entre une Gauche et une Droite, entre l’Etat et les marchés. Et si on nous dit que cette opposition Gauche-Droite n’est plus valide aujourd’hui, c’est probablement parce qu’elle ne fut jamais que fictive. D’où l’intérêt de revenir à des analyses, comme celle de Guy Debord, qui nous décrivent l’”Etat moderne” comme l’”organe de la domination de classe” (p.27). Descendante du Bonapartisme, la bureaucratie étatique moderne, nous dit Debord, représente “la fusion du Capital et de l’Etat“. C’est “la constitution d’un pouvoir national du capital sur le travail, d’une force publique organisée pour l’asservissement social” (p.81).

Mais comment contester puisqu’aujourd’hui encore, comme l’observait à l’époque Marcuse, la frustration et l’agressivité des plus révoltés n’engendrent pas une révolution, mais au contraire le renforcement du système (p.24). Dans les quartiers les plus dominés et appauvris, toute expression de la frustration et de la colère se voit répondre par un renforcement de la domination qu’ils dénoncent. “Chaque barricade, chaque voiture incendiée, a fourni au parti gaulliste des dizaines de milliers de voix” (p.93), écrivait Marcuse… en 1969 !! 36 ans avant les émeutes de 2005 en banlieues parisiennes qui verront Sarkozy être élu dans la foulée…

Faut-il se résigner ? Au contraire, dit Marcuse : “l’opposition radicale se heurte inévitablement à la défaite de son action directe et extra-parlementaire, de sa désobéissance civile; mais, dans certaines situations, elle doit prendre le risque de cette défaite” (p.93). Marcuse ne croyait pas dans la démocratie capitaliste. Selon lui, les Marcuse2droits et libertés qu’elle a engendrés sont uniquement conformes aux intérêts capitalistes et les déviations sont aisément “endiguées” (p.88). La démocratie capitaliste de masse, rajoute-t-il, est peut-être plus apte à se perpétuer qu’aucune autre forme de gouvernement ou de société. Cela en s’appuyant d’une part sur l’opulence, et d’autre part sur “la volonté générale d’une population opprimée et administrée” (p.91).

Pour Marcuse, l’enjeu principal d’une libération semblait être la capacité à unifier le facteur objectif de la révolution, à savoir la classe ouvrière et les populations ghettoisées, et le facteur subjectif représenté par la jeune intelligentsia contestatrice, issue des classes moyennes. Mais aujourd’hui, comme à l’époque, le fossé paraît immense : “le rejet absolu de la société existante et de tout son système de valeurs est masqué par l’évidente différence de classe” (p.81).

Mais comme cette unification ne s’est jamais faite, laissant derrière mai ’68 un Etat et un capitalisme toujours plus puissants, je crois que la question n’est plus de savoir si la révolution doit venir des ghettos (des banlieues ?) ou de la jeune intelligentsia (sous forme des Indignés, des objecteurs de croissance, des alter-mondialistes, etc.). Elle doit venir de la RUE (au sens le plus hip-hop du terme, du Do It Yourself et de la MixTape Mentality), ce qui signifie que ça doit venir d’un espace non-institutionnel : hors des formes étatiques, ou des partis politiques, ou des universités.

Peut-être précisément parce qu’à l’heure actuelle, les luttes pour la liberté et l’émancipation devraient être davantage orientées contre l’ultra-réglementation qui nous enferme, plutôt que contre les oppressions traditionnelles.  En semblant lutter contre ces dernières, l’Etat capitaliste bureaucratique s’est construit en machine à administrer – à produire du règlement – qui désapproprie l’Homme de sa capacité à déterminer sa propre existence.

Voilà qui pourrait constituer de nouveaux espaces de prise de position, de nouveaux angles, dans le champ de la contestation de l’aliénation, et du projet de constitution d’une nouvelle société dans laquelle l’Homme pourra s’émanciper en reprenant en main son parcours professionnel et scolaire, son temps et ses modalités de travail, ses choix affectifs, relationnels, politiques et culturels, sa santé, son corps et sa destinée sociale toute entière.

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New Books !

booksDécembre2012

Ferris, Timothy. 2012. The 4-Hour Chef : The Simple Path to Cooking Like a Pro, Learning Anything, and Living the Good Life, New York : New Harvest.

Sanfilippo, Diane. 2012. Practical Paleo : A Customized Approach to Health and a Whole-Foods Lifestyle, Victory Belt Publishing.

MacKenzie, Brian. 2012. Power, Speed, Endurance : A Skill-Based Approach to Endurance Training, Victory Belt Publishing.

Fanon, Frantz. 2002. Les damnés de la terre, Paris : La Découverte.

Equiano, Olaudah. 2012. Ma véridique histoire : Africain, esclave en Amérique, homme libre, Paris : L’Harmattan.

 

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Pourquoi ne pas segmenter ses contacts sur les réseaux sociaux ?

Il y a plus de deux ans, j’écrivais un article intitulé “Dois-je accepter mes élèves sur Facebook ? Ou comment devenir un prof 2.0 ?“, qui reste à l’heure actuelle, l’article le plus lu sur ce blog… Cet article m’a également valu de répondre à plusieurs interviews et d’intervenir lors de quelques conférences.

J’y proposais une utilisation des réseaux sociaux, dans laquelle on ne cloisonne pas les différentes parts de son identité. On se présente avec un seul profil, proposant une “image composée mais unique“. Parce que vous n’êtes jamais seulement un prof, ou un amateur de tel style musical, ou le pratiquant de tel sport, etc. Vous êtes tout cela à la fois !

Concrètement, à destination des professeurs, je proposais d’essayer de ne pas créer, par exemple, un profil Facebook réservé à leur identité de prof, et un autre (ou des autres) profil(s) regroupant tout ce qui fait qui ils sont également : leurs goûts artistiques, leurs passions, leurs rêves de voyage, leur vie de parents, leurs engagements citoyens, etc. Un profil unique, mais composé – s’il reste matrisé -, est à mon sens beaucoup plus enrichissant.

POURQUOI ? Parce que si, vous, vous êtes complexes, vos contacts le sont tout autant.

Si l’on segmente ses différents groupes d’appartenance, on a tendance à restreindre chaque contact à une part de son identité, et on ne partage des infos professionnelles qu’à ses collègues, des infos sportives à ses amis de club de sport, des infos musicales à ses amis qu’on catalogue comme amateurs de ce style musical, etc.

L’expérience de n’avoir jamais segmenté m’a montré que la richesse des échanges est dans ces moments inattendus où les gens qu’on connaît (ou croyait connaître) se révèlent sur des sujets qu’on n’attendait pas. Si je prends mes propres réseaux, mes collègues sociologues ou enseignants peuvent effectivement être intéressés par (c-à-d “liker“, commenter, etc.) un article que je partage à propos de l’alimentation paléo ou du CrossFit. Et mes collègues sportifs et les gens que j’entraine peuvent tout à fait être intéressés par une publication que je partage en matière de société, de politique ou de communication. Après tout, les premiers peuvent tout autant être concernés par leur corps et leur santé et les seconds sont aussi des citoyens, qui ont leurs propres opinions sur la chose sociale…

Et les uns comme les autres peuvent apprécier un morceau musical que je partage sur Spotify, une vidéo de Skate sur Youtube, ou un tatouage “épinglé” sur Pinterest

Tout ce partage d’articles, photos, vidéos, entre groupes d’appartenance, n’aurait pas été possible si j’avais segmenté ces groupes et n’avais publié que des infos de sociologie pour mes collègues sociologues, etc…. vous avez compris le principe ! (Je pense d’ailleurs que c’est en cela que Google Plus ne décolle pas : cette richesse des échanges est perdue à cause des “cercles”).

Alors, faites sauter les segmentations (groupes, listes, cercles, restrictions) dans vos contacts, et présentez tout ce qui compose votre identité avec d’autres, tout aussi complexes et composés que vous !

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Comment percevez-vous votre volonté ?

De nombreuses recherches existent sur le concept de “volonté”, cette capacité à exercer de l’auto-contrôle. Mais trois chercheurs, dont Carole S. Dweck, l’auteur de “Mindset. The New Psychology of Success” (dont j’ai déjà parlé ici), ont découvert que la manière dont les gens se représentaient la volonté allait déterminer leur capacité à l’exercer.

En effet, celles et ceux qui se représentent la volonté comme une ressource limitée, qui diminue au fur et à mesure qu’on la sollicite, ont plus de chance de voir effectivement leur volonté diminuer au fur et à mesure qu’ils la sollicitent.

Inversement, celles et ceux qui voient la volonté comme une ressource non-limitée, ne connaissent pas de baisse de leur volonté, après une expérience ayant sollicité celle-ci.

Pour le dire simplement, si vous pensez que vous avez déjà dû faire preuve de volonté pour vous lever tôt au matin, pour travailler dur toute la journée et faire du sport le soir, et que vous pensez que votre volonté est une ressource limitée, vous avez plus de chance de manquer de volonté au soir lorsqu’il faudra choisir pour un repas sain.

Au contraire, si vous pensez que votre volonté ne s’épuise pas, tous vos efforts de la journée n’auront aucune conséquence sur vos efforts du soir, en matière d’alimentation par exemple.

C’est même l’inverse, rajouteront certains. Anthony Robbins et Stephen R. Covey, deux célèbres auteurs en développement personnel, parlent de la volonté comme d’un muscle. Il y a un muscle de la prise de décision, dit Robbins (2001 : 49), et comme tout muscle, plus on le sollicite, plus il devient fort. Et Covey (2004 : 292) de prendre l’exemple du sport pour dire que le muscle qu’on travaille le plus en faisant du sport régulièrement est le muscle de la “pro-activité”, qu’on peut comprendre ici comme celui de la volonté…

Percevez la réalité comme vous voulez qu’elle soit !

Cela révèle un point intéressant : la manière dont fonctionne la volonté, en terme de réalité psychologique, a moins d’importance que la manière dont chacun perçoit la volonté.

Nous ne sommes pas guidés par la réalité, mais par notre perception de la réalité (Robbins: 66). C’est notre perception des choses qui va déterminer nos actions (Covey : 28). C’est pourquoi il est primordial de bien choisir ses “métaphores”, ces images qu’on se construit pour s’imaginer les choses qui nous entourent. Ainsi, vous pouvez choisir de considérer que votre volonté est limitée et s’épuise au cours de la journée, ou de considérer que votre volonté est telle un muscle qui se renforce à chaque fois que vous en faites usage. Vous vous êtes levé(e)s tôt ? Très bien, vous avez donc plus de force pour bien déjeuner ! Vous vous êtes levé(e)s tôt et vous avez bien déjeuné ? Très bien, vous êtes bien parti(e)s pour faire un bon repas, sain et équilibré à midi ! Et ainsi de suite toute la journée, en y incluant tout ce qui pourrait solliciter votre volonté, au niveau professionnel, familial, sportif, domestique, etc. Vous avez choisi une métaphore “empowering”, c’est-à-dire qui vous donne du pouvoir sur vous-même.

Une question épistémologique

Ce genre de “prophétie auto-réalisatrice” est bien connue des sociologues, psychologues et philosophes. Toute théorie, quelle soit savante ou issue de la “pensée ordinaire”, comme disait Schütz, a des effets sur la réalité qu’elle exprime. La théorie “performe”, en ce sens qu’elle a un pouvoir “performatif”, de faire advenir ce qu’elle décrit.

Tenter d’agir sur les métaphores qui nous guident est donc une reconnaissance du pouvoir constituant du langage et des schèmes de perception et de pensée que ce langage procure. (voir Bourdieu, 2001: 188)

Références :

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“Who have you decided to become ?” – Tony Robbins

Décider qui on veut devenir. Contradictoire avec la sociologie, et en particulier la sociologie de Pierre Bourdieu ? Je ne pense pas. Au contraire, j’ai toujours eu l’impression  que la psychologie motivationnelle de Tony Robbins était une mise en pratique de l’auto-socioanalyse bourdieusienne.

Dans Réponses, Bourdieu et Wacquant rappellent que la réflexivité nous rend capable de maîtriser, jusqu’à un certain point, certaines des déterminations “qui s’exercent à travers la relation de complicité immédiate entre position et dispositions” – complicité immédiate, c’est-à-dire impensée, inconsciente, qui nous paraît évidente. Dans un entretien avec Gérard Mauger et Louis Pinto, Bourdieu affirme que le contrôle conscient de nos dispositions profondes permet de les contrôler, au moins partiellement. Ce qui fait de l’auto-socioanalyse un instrument relativement puissant de libération…

Nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de finir libres“, disait Bourdieu à Roger ChartierConsciously. Carefully. Powerfully.

Alors, QUI avez-vous décidé de devenir ? Etes-vous conscient de ce qui vous en empêche ? Et comment allez-vous agir là-dessus ? 

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Campagne politique et réseaux sociaux

Le hasard des découvertes sur les réseaux sociaux fait que je découvre aujourd’hui, à la fois le groupe Facebook “Communales / Provinciales 2012 : le meilleur du pire“, recensant les pires photos et vidéos de celles et ceux qui se présentent aux prochaines élections en Belgique, et, de l’autre côté, ce Tweet et cette photo d’Obama, répondant aux critiques qui lui étaient adressées. 

Le jour. La nuit. Au niveau de l’utilisation des réseaux sociaux et de la gestion de l’image. Et on comprend qu’Obama soit décrit comme le “premier Président ‘Digital’ au monde“. Fast Company publie un article intéressant sur les points forts de la campagne digitale de l’équipe d’Obama :

  1. Un travail d’équipe, au sein duquel il faut compter la présence de Michelle Obama sur Twitter (1,5 millions de “followers”).
  2. La volonté de toucher les “Influencers” et les “Early adopters”. Alors que Romney “achète” des “Trending Topics” sur Twitter, l’équipe d’Obama arrive à faire en sorte que les propos d’Obama deviennent, de manière organique, un “Trending Topic”. Plus naturel…
  3. Une bonne utilisation des photos, dont celle ci-dessus est un excellent exemple : c’est classe, un peu taquin, très hip-hop dans l’attitude,  et on comprend le message en une seconde, “Ce siège n’est pas à prendre“, face à ceux qui disaient qu’ils n’occupaient pas son poste de Président… Une photo vaut 1000 mots. Selon une étude, 44% des répondants rentreront plus facilement en relation avec une marque si celle-ci poste des photos…
  4. La perception de la campagne digitale comme un marathon, c’est-à-dire sur le long terme. Même durant les moments creux de la campagne, Obama produit beaucoup plus de Tweets et de blog posts que Romney. L’équipe d’Obama a bien compris qu’une manière de créer la dynamique est d’amener les citoyens à s’engager dans des conversations.
  5. Une compréhension claire que l’Internet est maintenant mobile. Et c’est peut-être ce qui a le plus changé depuis la dernière campagne, où ni les tablettes, ni les smartphones n’avaient le poids actuel.

Ce n’est pas simplement de la communication politique, c’est du Personal Branding. Et on ne construit pas son image médiatique et digitale en une affiche, ou une vidéo. C’est une somme de publications sur les réseaux sociaux, qui sont autant d’interactions avec des électeurs (ou des consommateurs… ou des élèves dans d’autres situations).

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Elections 2012 : Quels partis utiliseront efficacement les réseaux sociaux ?

Genappe, 2012… ou 1972 ?

Pour les élections communales et provinciales de 2012, en Belgique, quels partis utiliseront efficacement les réseaux sociaux ? Quels candidats seront capables de retenir l’attention de l’électeur grâce aux réseaux sociaux ? Et quels candidats feront une campagne digne des années ’90… voire même des années ’70 ? 

Alors que les réseaux sociaux et tous les moyens technologiques actuels permettent une interaction permanente, que ce soit entre les internautes, entre une marque et ses consommateurs… ou entre un parti et ses électeurs, beaucoup de partis et de candidats restent dans une stratégie de communication unilatérale, digne des années ’70. Le message est “Voici qui je suis. Votez pour moi”. L’affiche électorale est le symbole même de communication à sens unique, et un peu intrusive sur les murs de nos rues…

Le problème est que beaucoup de candidats et de partis utilisent les réseaux sociaux de la même manière. Comme si un “mur” Facebook était juste un mur de plus où poster sa photo (“Votez pour moi”). Unilatéral et intrusif.

J’appellerais cette stratégie du “marketing orienté candidat“. Le message tourne uniquement autour du candidat, et non de l’électeur. Ce dernier est seulement perçu comme récepteur passif du message. Aucune interaction.

Pourtant les réseaux sociaux sont avant tout un lieu de conversations, de discussions, d’échanges. Les marques qui ont le plus de succès dans leur stratégie médiatique sont celles qui, aujourd’hui, sont capables d’engager les consommateurs dans des interactions sur Facebook, Twitter ou toute autre plateforme internet.

J’appellerais cette stratégie du “marketing orienté électeur“. Par les réseaux sociaux, les candidats interagissent et discutent avec les électeurs potentiels, suscitent des débats et les invitent à prendre part à la campagne. De cette manière, l’interaction peut être enrichissante pour l’électeur potentiel. Et surtout les partis peuvent être à l’écoute des électeurs et de leurs préoccupations. Bilatéral et beaucoup moins intrusif. De la démocratie plus participative en somme.

Mais pour l’instant, je n’ai vu que TRES peu de candidats adopter cette stratégie “orientée électeur”. La plupart continuent à poster leurs photos électorales sur le net et à faire du “Votez pour moi“…

Les candidats pourraient, au contraire, utiliser les réseaux sociaux pour :

  • poser des questions aux citoyens et susciter des débats.
  • poster des informations utiles aux citoyens, que ceux-ci pourraient partager à leur tour.
  • créer des communautés de discussions sur des enjeux spécifiques.
  • détecter de quoi parlent les électeurs sur Twitter ou Facebook par exemple, et participer aux discussions.
  • définir qui sont les “influencers“, et sur quels sujets, à l’aide de Klout.com par exemple.

L’enjeu est important : le parti qui adoptera une telle stratégie de communication sur les réseaux sociaux sera celui qui touchera le plus les jeunes… ;-)

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“Emulation ou Compétition ?” : débat à l’Athénée Royal Verwée

J’interviendrai, ce samedi 21 avril 2012, dans le débat d’idées “EMULATION OU COMPETITION“, lors des journées portes ouvertes, à l’Athénée Royal Verwée, à Bruxelles, avec Albert Jacquard, Abraham Franssen, Altay Manço, Chouckri Ben Ayed, Claude Javeau, Gauthier Chapelle, Luc Schuiten, Paul Cobut et Roland Zanasi.

Dans mon intervention, j’essaierai de présenter mon point de vue de prof/sociologue/coach sportif. Je pense que ça donne une perspective assez originale sur la question de la compétition.

Je reviendrai, si le débat le permet, sur quelques points que j’ai déjà abordés dans les articles suivants :

Lieu : Rue Verwée, 12. 1030 Bruxelles. (Tram 92 : arrêt place Pogge).

Heures : J’interviendrai lors du premier débat, de 14h30 à 15h20.

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