The “Fail Early – Fail Often” principle explained… (cartoon)

“FAIL EARLY – FAIL OFTEN” : un principe de base de l’entrepreneuriat… mais que tout Skater connaĂźt intuitivement ! 😉

Fail early, fail often : On chute 1000 fois Ă  une toute petite hauteur, pour minimiser les risques de chute Ă  plus grande hauteur.

Et mĂȘme chose dans le CrossFit…

Fail early, fail often : Il faut avoir ratĂ© 1000 Snatches Ă  50 kg, pour minimiser les risques Ă  100 kg…

Il faut toujours commencer petit, avec un premier client, puis un deuxiĂšme, puis un troisiĂšme, etc… Constamment rĂ©ajuster, rĂ©adapter, affiner ce que qu’on propose.

Remarquez que c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire si on commence par une recherche de subventions, d’investisseurs, de crowd-funders, ou de coopĂ©rateurs.

DĂ©velopper 1 an, lever 300.000 €, et puis seulement rencontrer un premier client, c’est comme se lancer directement de la grande rampe…

C’est entre autres de cela qu’il sera question lors du Workshop “Vivre de ses projets”, le 1er dĂ©cembre, Ă  Genappe 😉

C’est complet et les inscriptions sont clĂŽturĂ©es, mais vu la demande, j’en rĂ©organiserai certainement un prochainement 😉 Des suggestions de lieux ? (Bruxelles, Charleroi… ?)

Infos sur le workshop ici : http://www.yvespatte.com/formations/

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RĂ©flexion sur la Transition

RĂ©cemment, Transition Network, le rĂ©seau international de la Transition, invitait Ă  rĂ©flĂ©chir aux dĂ©fis de la transition, avec un texte trĂšs complet, intitulĂ© « It’s time to talk about We ». Le texte a Ă©tĂ© relayĂ© par le rĂ©seau belge « RĂ©seau Transition.be », lui-mĂȘme actuellement en phase de rĂ©flexion


VoilĂ  le cadre
 Et j’avais envie de rebondir sur certains points qui me parlent beaucoup, et d’éventuellement proposer quelques pistes de rĂ©flexion. Je reprends l’ordre des diffĂ©rents chapitres du texte.

1. Les ressources.

On en a toutes et tous fait l’expĂ©rience dans nos initiatives : temps et argent manquent presque toujours.

Le temps


L’immense majoritĂ© de celles et ceux qui s’engagent dans des initiatives en transition doivent jongler entre cet engagement, leur boulot et leur vie de famille.

L’argent


Je pense que culturellement (ou disons, sociologiquement), la Transition Ă©merge et s’inscrit dans un tissu social et socio-professionnel trĂšs « subventionné ». Je m’explique : il faudrait le vĂ©rifier statistiquement, mais j’ai l’impression qu’on rencontre, dans les initiatives en transition, Ă©normĂ©ment de personnes qui travaillent dans les secteurs du social, de la culture, de l’associatif, de l’éducation, de la fonction publique, de l’aide Ă  la personne (donc des secteurs qui vivent surtout de subventions et d’argent public). C’est finalement logique que beaucoup de transitionneurs et transitionneuses soient dans ces secteurs : ce sont probablement les premiers Ă  se rendre compte des mĂ©faits du modĂšle de sociĂ©tĂ© actuel. Ils ont gĂ©nĂ©ralement fait des Ă©tudes supĂ©rieures, leur donnant les outils pour rĂ©flĂ©chir Ă  la sociĂ©tĂ© actuelle. Et ils ont souvent souvent une certaine expĂ©rience de l’engagement politique (au sens large), de la mobilisation collective, etc.

Mais l’effet secondaire est que souvent, la viabilitĂ© de l’initiative n’est pensĂ©e que par rapport Ă  des subventions. On ne cherche pas des « clients », mais des « appels Ă  projets ». Et trĂšs souvent, on construit les initiatives en transition sur le modĂšle « ASBL financĂ©e par des fonds publics, quelques permanents salariĂ©s de l’ASBL, et des bĂ©nĂ©voles », alors que rien n’implique intrinsĂšquement que ces initiatives se dĂ©veloppent sur ce modĂšle-lĂ . Continue reading RĂ©flexion sur la Transition

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DĂ©velopper une activitĂ©… subsidiĂ©e ou indĂ©pendante ?

Une Ă©tude publiĂ©e par des chercheurs de l’UniversitĂ© de Anvers montre que la Belgique a le secteur associatif le plus subsidiĂ© d’Europe. Sur plus de 700 associations observĂ©es, les subventions reprĂ©sentent en moyenne 37% de leur budget. C’est prĂšs de 2 fois plus qu’aux Pays-Bas.

On ne peut pas nier ce fait : en Belgique, trĂšs souvent, le premier rĂ©flexe de celle ou celui qui veut dĂ©velopper quelque chose est de “chercher des subventions”. Que ce soit sous forme d’ASBL ou de coopĂ©rative, tout se passe comme si la seule maniĂšre de dĂ©velopper une activitĂ©, un projet, une initiative, Ă©tait d’abord de “trouver des subventions”.

C’est une mentalitĂ© trĂšs trĂšs ancrĂ©e culturellement. En particulier dans les secteurs des services Ă  la personne, de la jeunesse, des sports, de la santĂ©, ou de la transition (avec ce paradoxe de vouloir participer au changement vers un nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ©, mais tout en Ă©tant dĂ©pendant financiĂšrement de l’ancien modĂšle).

MĂȘme lorsque le projet est entrepreneurial, comme la crĂ©ation d’une coopĂ©rative Ă  finalitĂ© sociale, le premier rĂ©flexe semble ĂȘtre : Cherchons des subventions pour les coopĂ©ratives Ă  finalitĂ© sociale.

Ca me rappelle toujours ce conseil de Gary Vaynerchuk aux entrepreneurs : “Make Money. Don’t Raise Money“, qu’on pourrait traduire par “Gagnez de l’argent, ne cherchez pas Ă  lever des fonds”. Il s’adresse lĂ  aux Tech entrepreneurs et autres lanceurs de Start-ups qui lĂšvent des millions de dollars sur leur idĂ©e, sans mĂȘme avoir vendu le moindre produit.

En Belgique, c’est la mĂȘme chose, mais les Angel Investors sont toutes ces couches Ă©tatiques auxquelles on peut aller solliciter des subventions : la RĂ©gion, la Province, le FĂ©dĂ©ral, la FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles, etc., etc., etc.

Le modĂšle de crĂ©ation d’activitĂ© est celui-ci :
1. de longues rĂ©unions de brainstorming (parfois accompagnĂ©es d’une asbl Ă©galement subventionnĂ©e pour accompagner la crĂ©ation d’autres activitĂ©s subventionnĂ©es. Il est fort probable que l’on colle des post-it : https://goo.gl/txSA4m)
2. la recherche de subventions (il est possible d’avoir des subventions pour financer la recherche de subventions).
3. la rĂ©daction d’un dossier de candidature pour l’octroi de la subvention. GĂ©nĂ©ralement, l’activitĂ© initialement prĂ©vue change (plus ou moins fortement) pour coller aux caractĂ©ristiques de la subvention (dĂ©finition ou redĂ©finition d’un public-cible, d’un territoire-cible, nouveaux objectifs, etc.).
4. (facultatif mais utile) contacts avec des mandataires politiques qui pourraient intervenir dans l’octroi de la subvention.
5. Octroi de la subvention.
6. Engagement d’un temps plein ou d’un mi-temps et/ou achat du matĂ©riel, amĂ©nagement des locaux, etc.
7. Recherche du premier client (et rapport d’activitĂ© annuel auprĂšs du pouvoir subsidiant).

Bref, le systĂšme est tout Ă  fait sur sa tĂȘte. Ce dont on aurait besoin, c’est d’une dynamique inverse :
1. Avoir une idée
2. Rechercher un premier client
3. Foirer sa vente (mais le gars, sympa, nous dit “mais ton idĂ©e est bonne, hein !”)
4. Modifier un peu son idée
5. Rechercher un deuxiĂšme client
6. RĂ©ussir sa vente
7. Avoir 5 nouveaux clients
8. Avoir 20 nouveaux clients
9. Bosser dur dans son garage (en anglais, c’est “work your a** off”)
10. Attendre 2 ans avant de pouvoir payer un temps plein.

On a besoin de beaucoup plus de culture “garage land“* (ce modĂšle californien de crĂ©ation d’entreprises dans des garages, dont le CrossFit est la variante “garage gym”) et beaucoup moins de subventions.


 D’autant plus que ce qui freine fortement la crĂ©ation d’activitĂ©s entrepreneuriales, ce sont les coĂ»ts de crĂ©ation d’entreprises, entre la crĂ©ation elle-mĂȘme (comptez 1.500€ : frais administratifs + notaire + comptable) et le capital minimal lĂ©gal : 18.550 € pour un SPRL. Bref, vous n’en avez pas pour moins que 20.000 €.

Alors, moi, je pense qu’il faudrait rĂ©duire les subventions, et utiliser tout cet argent pour rĂ©duire les frais de crĂ©ation d’entreprises qui constituent de vĂ©ritables freins Ă  l’entrepreneuriat !

* Autre exemple de Garage gym que j’aime beaucoup : la petite sociĂ©tĂ© de Skateboard de Mike Vallely, qu’il gĂšre dans son garage, avec sa fille : https://www.streetplantbrand.com/

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Être indĂ©pendant en Belgique, c’est souvent faire l’expĂ©rience de la pauvretĂ©.

Cela fait exactement 1 an que j’ai crĂ©Ă© la sociĂ©tĂ© “Innovons” pour toutes mes activitĂ©s en communication et participation. Et je voulais jouer franc jeu en montrant ce que c’était exactement que d’avoir une entreprise en Belgique.

On entend plein de choses sur les taxations, la fiscalitĂ© des entreprises, les riches, les pauvres, l’Etat
 mais ce ne sont que des beaux discours (idĂ©ologiques). Le plus souvent, c’est bullshit et langue de bois, et celles et ceux qui les tiennent ne sont pas entrepreneurs eux-mĂȘmes.

Alors, voici l’aperçu d’une annĂ©e d’entrepreneuriat en Belgique, quand on a une sociĂ©tĂ© et qu’on est seul dedans. Avec tout ce qu’Innovons a gagné en un an :

  • J’ai pu me payer, en salaire net, 13.800 € – oui, ça fait un salaire de +/- 1100 € net/mois !
  • L’Etat a, lui, “gagnĂ©” 18.396,01 €


 MĂȘme si on rajoute les avantages en nature (voiture de sociĂ©tĂ© et GSM = 3.068,67€), l’Etat a toujours gagnĂ© plus que moi.

Sans oublier les frais de comptable, qui ne servent au final qu’à se mettre en ordre
 pour l’Etat.

Et pour ĂȘtre tout Ă  fait prĂ©cis, je suis toujours dans ma premiĂšre annĂ©e comptable, du coup, je n’ai pas encore payĂ© mes impĂŽts de sociĂ©tĂ©. Et ces chiffres ne reprĂ©sentent pas l’ensemble du chiffre d’affaires d’Innovons, parce que je n’ai pas repris ici les frais professionnels (comme toutes ces cartouches d’encre que j’ai vidĂ©es !) et qu’il reste de l’argent sur le compte de la sociĂ©té  en prĂ©vision des impĂŽts Ă  payer. Je voulais juste comparer ce que j’avais gagnĂ© en tant que travailleur (et qui me permet de nourrir ma famille) et ce qui Ă©tait parti vers l’Etat.

En Belgique, c’est donc majoritairement l’Etat qui profite du fruit de votre travail, lorsque vous ĂȘtes indĂ©pendant.

PrĂ©cision : je ne conteste pas le fait de payer des impĂŽts, de contribuer Ă  la sociĂ©tĂ© et de participer Ă  une forme de partage des richesses
 mais voyez l’aberration : Continue reading Être indĂ©pendant en Belgique, c’est souvent faire l’expĂ©rience de la pauvretĂ©.

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Podcast #001 : Comment changer d’activitĂ© professionnelle en 4 Ă©tapes ?

Premier Podcast ! Et il concerne une question que de nombreuses personnes se posent : comment changer d’activitĂ© professionnelle ? Selon une Ă©tude rĂ©cente aux Etats-Unis, un Ă©tudiant aura occupĂ© entre 10 et 14 emplois diffĂ©rents avant d’atteindre ses 38 ans ! Et d’autres chiffres montrent que de plus en plus d’adultes reprennent des Ă©tudes.

La perspective de “faire carriĂšre” dans une entreprise ou une institution ne fait plus rĂȘver. MĂȘme celles et ceux qui ont des mĂ©tiers “prestigieux” envisagent souvent une reconversion, et il n’est pas rare de voir un architecte qui voudrait devenir Ɠnologue, ou un juriste qui se lance dans un food truck d’alimentation bio.

En y rĂ©flĂ©chissant, Ă  chaque fois que j’ai fait Ă©voluer mon activitĂ© professionnelle (en rĂ©sumĂ© : sociologie – sport – entrepreneuriat), j’ai suivi les mĂȘmes Ă©tapes. Les voici !

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Devenez Backpack entrepreneur !

Faire toute sa carriĂšre professionnelle dans une grande entreprise, ou – pire – dans une administration, n’attire plus grand monde. Toutes les analyses relatives au travail le montrent, les plus jeunes ont un rapport diffĂ©rent au travail : ils changent plus souvent de jobs, n’hĂ©sitent pas Ă  travailler dans un domaine autre que celui de leurs Ă©tudes, et sont attirĂ©s par le statut d’(auto-)entrepreneur.

Surtout, on voit de plus en plus de personnes multiplier les activitĂ©s rĂ©munĂ©ratrices : enseignant la journĂ©e et musicien le soir, consultant la semaine et artisan-menuisier le week-end, policier et coach sportif, informaticien et photographe, coiffeur et DJ, etc., etc., etc. On en connaĂźt tous. Les exemples citĂ©s existent d’ailleurs rĂ©ellement dans mon entourage. C’est ce qu’on appelle les “Slashers” : architecte/barman/photographe. “One person, multiple carreers(une personne, plusieurs carriĂšres), du nom du livre de Marci Alboher sur la question. Les appellations sont elles aussi multiples : on parle Ă©galement de “Portfolio carreer” et de “donjuanisme professionnel“. Et c’est typique de cette fameuse Generation Flux, dont parle souvent Fast Company.

Moi, j’aime bien l’idĂ©e de “Backpack entrepreneur” (“backpack” = sac Ă  dos en anglais). C’est prĂ©cisĂ©ment le mode de “travail” que j’expĂ©rimente actuellement (sur le net plus qu’ailleurs, ne faites confiance qu’à ceux qui expĂ©rimentent leurs conseils sur eux-mĂȘmes !).

Je prĂ©fĂšre cette idĂ©e Ă  celle de “casquette” : “avoir plusieurs casquettes”. En particulier, parce qu’on ne peut porter qu’une casquette Ă  la fois (ou alors on a l’air ridicule). On me pose souvent cette question : “Oui, mais lĂ , tu interviens avec quelle casquette ?” Sociologue ? Coach ? Enseignant ? Community manager ? Citoyen engagé ? 
 Comme si on ne pouvait porter qu’une de ces casquettes Ă  la fois. Comme si mes compĂ©tences et expĂ©riences de sociologue ne me servaient pas en tant qu’enseignant ou que coach, comme si ce que j’avais appris comme enseignant ne me servait pas comme coach ou dans mes engagements personnels, etc. Continue reading Devenez Backpack entrepreneur !

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Le phĂ©nomĂšne des “jobs Ă  la con” et les voies de sortie…

 

On the Phenomenon of Bullshit Jobs” est un petit pamphlet qui fait actuellement le buzz sur le net. Ce “PhĂ©nomĂšne des jobs Ă  la con”, tel que l’a traduit LibĂ©ration, a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vu par plus de 500.000 personnes, et constitue un bon point de dĂ©part pour une sĂ©rie d’articles que je compte publier sur les notions de “travail”, de “salariat” et d’ “Etat”


Son auteur n’est autre que l’anthropologue, et activiste anarchiste, David Graeber, de la London School of Economics. Graeber est, entre autres, l’auteur de “Fragments of an Anarchist Anthropology“, dans lequel il aborde dĂ©jĂ  la question des fondements esclavagistes du salariat et du capitalisme.

Dans cet article rĂ©cent, Graeber dĂ©crit tous ces emplois – souvent de bureau – faits de tĂąches inutiles et vides de sens. Au cours du 20Ăšme siĂšcle, dĂ©montre-t-il, le nombre d’emplois “de production” n’a fait que chuter, grĂące ou Ă  cause de l’automatisation
 Nous produisons toujours davantage, avec moins de personnes nĂ©cessaires, mais sans que cela nous ait, individuellement et collectivement, libĂ©rĂ© du temps libre.

Continue reading Le phĂ©nomĂšne des “jobs Ă  la con” et les voies de sortie…

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