The “Fail Early – Fail Often” principle explained… (cartoon)

“FAIL EARLY – FAIL OFTEN” : un principe de base de l’entrepreneuriat… mais que tout Skater connaĂźt intuitivement ! 😉

Fail early, fail often : On chute 1000 fois Ă  une toute petite hauteur, pour minimiser les risques de chute Ă  plus grande hauteur.

Et mĂȘme chose dans le CrossFit…

Fail early, fail often : Il faut avoir ratĂ© 1000 Snatches Ă  50 kg, pour minimiser les risques Ă  100 kg…

Il faut toujours commencer petit, avec un premier client, puis un deuxiĂšme, puis un troisiĂšme, etc… Constamment rĂ©ajuster, rĂ©adapter, affiner ce que qu’on propose.

Remarquez que c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire si on commence par une recherche de subventions, d’investisseurs, de crowd-funders, ou de coopĂ©rateurs.

DĂ©velopper 1 an, lever 300.000 €, et puis seulement rencontrer un premier client, c’est comme se lancer directement de la grande rampe…

C’est entre autres de cela qu’il sera question lors du Workshop “Vivre de ses projets”, le 1er dĂ©cembre, Ă  Genappe 😉

C’est complet et les inscriptions sont clĂŽturĂ©es, mais vu la demande, j’en rĂ©organiserai certainement un prochainement 😉 Des suggestions de lieux ? (Bruxelles, Charleroi… ?)

Infos sur le workshop ici : http://www.yvespatte.com/formations/

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Ceux “qui disent” et ceux “Ă  qui on dit”…

Aujourd’hui, une des lignes de fracture de la sociĂ©tĂ© (ou peut-ĂȘtre “LA” ligne de fracture) est celle qui oppose celles et ceux “qui disent” et celles et ceux “Ă  qui on dit”.

Les amoureux du verbe auront remarquĂ© que cette ligne de fracture oppose une forme “active” (ceux qui disent), et une forme “passive” (ceux Ă  qui on dit). Ce serait la mĂȘme chose en anglais entre “those who tell” et “those who are told”


Celles et ceux Ă  qui “on dit” sont de loin les plus nombreux. On leur a dit d’acheter des voitures Diesel, puis on leur a dit que l’essence Ă©tait moins polluante. On leur a dit d’utiliser tels ou tels produits phytosanitaires, puis on leur a dit que c’était dangereux pour la santĂ© et la planĂšte. On leur a dit de se former pour bosser dans tel secteur, puis on leur a dit que ce secteur n’avait aucun avenir. On leur a dit d’enseigner de telle maniĂšre, puis on leur a dit qu’on allait rĂ©former l’enseignement. On leur a dit de manger des cĂ©rĂ©ales Ă  chaque repas, puis on leur a dit que leurs troubles de santĂ© Ă©taient dus au gluten. On leur a dit d’épargner, puis on leur a dit que l’épargne ne rapportait rien. On leur a dit d’attendre leur retraite, puis on leur a dit que leur retraite n’Ă©tait pas tout Ă  fait assurĂ©e
 Je continue ? 

Vous l’avez compris, ce sont celles et ceux qui subissent les dĂ©cisions qui viennent d’en haut, des “experts”, des “dirigeants”. En grammaire, dans la forme passive, le sujet subit toujours l’action
 Celles et ceux “Ă  qui on dit” subissent les nouvelles rĂ©glementations, les nouvelles directives, les nouvelles circulaires, les nouvelles consignes
 qui viennent de celles et ceux qui ont le pouvoir, le “pouvoir de dire”. De dire ce qui est “Bien”, ce qui est “Mal”, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire.

RĂ©acquĂ©rir du pouvoir d’agir, c’est redevenir “actif” au sens grammatical du terme, c’est ĂȘtre Ă  nouveau le “sujet de l’action”. C’est retrouver de la capacitĂ© d’agir, c’est de l’encapacitation, de l’Empowerment en anglais.

La dĂ©mocratie participative, ça passe par le fait qu’il n’y ait pas de diffĂ©rence entre celles et ceux qui disent et celles et ceux qui subissent : les enseignants doivent pouvoir dĂ©cider de l’enseignement, les agriculteurs de l’agriculture, les travailleurs du travail, les usagers de la route de l’usage de la route, les mangeurs de ce qu’ils mangent, les mĂ©decins de la mĂ©decine, etc., etc., etc


La participation, c’est permettre aux gens de se mĂȘler de ce qui les regarde !

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RĂ©flexion sur la Transition

RĂ©cemment, Transition Network, le rĂ©seau international de la Transition, invitait Ă  rĂ©flĂ©chir aux dĂ©fis de la transition, avec un texte trĂšs complet, intitulĂ© « It’s time to talk about We ». Le texte a Ă©tĂ© relayĂ© par le rĂ©seau belge « RĂ©seau Transition.be », lui-mĂȘme actuellement en phase de rĂ©flexion


VoilĂ  le cadre
 Et j’avais envie de rebondir sur certains points qui me parlent beaucoup, et d’éventuellement proposer quelques pistes de rĂ©flexion. Je reprends l’ordre des diffĂ©rents chapitres du texte.

1. Les ressources.

On en a toutes et tous fait l’expĂ©rience dans nos initiatives : temps et argent manquent presque toujours.

Le temps


L’immense majoritĂ© de celles et ceux qui s’engagent dans des initiatives en transition doivent jongler entre cet engagement, leur boulot et leur vie de famille.

L’argent


Je pense que culturellement (ou disons, sociologiquement), la Transition Ă©merge et s’inscrit dans un tissu social et socio-professionnel trĂšs « subventionné ». Je m’explique : il faudrait le vĂ©rifier statistiquement, mais j’ai l’impression qu’on rencontre, dans les initiatives en transition, Ă©normĂ©ment de personnes qui travaillent dans les secteurs du social, de la culture, de l’associatif, de l’éducation, de la fonction publique, de l’aide Ă  la personne (donc des secteurs qui vivent surtout de subventions et d’argent public). C’est finalement logique que beaucoup de transitionneurs et transitionneuses soient dans ces secteurs : ce sont probablement les premiers Ă  se rendre compte des mĂ©faits du modĂšle de sociĂ©tĂ© actuel. Ils ont gĂ©nĂ©ralement fait des Ă©tudes supĂ©rieures, leur donnant les outils pour rĂ©flĂ©chir Ă  la sociĂ©tĂ© actuelle. Et ils ont souvent souvent une certaine expĂ©rience de l’engagement politique (au sens large), de la mobilisation collective, etc.

Mais l’effet secondaire est que souvent, la viabilitĂ© de l’initiative n’est pensĂ©e que par rapport Ă  des subventions. On ne cherche pas des « clients », mais des « appels Ă  projets ». Et trĂšs souvent, on construit les initiatives en transition sur le modĂšle « ASBL financĂ©e par des fonds publics, quelques permanents salariĂ©s de l’ASBL, et des bĂ©nĂ©voles », alors que rien n’implique intrinsĂšquement que ces initiatives se dĂ©veloppent sur ce modĂšle-lĂ . Continue reading RĂ©flexion sur la Transition

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DĂ©velopper une activitĂ©… subsidiĂ©e ou indĂ©pendante ?

Une Ă©tude publiĂ©e par des chercheurs de l’UniversitĂ© de Anvers montre que la Belgique a le secteur associatif le plus subsidiĂ© d’Europe. Sur plus de 700 associations observĂ©es, les subventions reprĂ©sentent en moyenne 37% de leur budget. C’est prĂšs de 2 fois plus qu’aux Pays-Bas.

On ne peut pas nier ce fait : en Belgique, trĂšs souvent, le premier rĂ©flexe de celle ou celui qui veut dĂ©velopper quelque chose est de “chercher des subventions”. Que ce soit sous forme d’ASBL ou de coopĂ©rative, tout se passe comme si la seule maniĂšre de dĂ©velopper une activitĂ©, un projet, une initiative, Ă©tait d’abord de “trouver des subventions”.

C’est une mentalitĂ© trĂšs trĂšs ancrĂ©e culturellement. En particulier dans les secteurs des services Ă  la personne, de la jeunesse, des sports, de la santĂ©, ou de la transition (avec ce paradoxe de vouloir participer au changement vers un nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ©, mais tout en Ă©tant dĂ©pendant financiĂšrement de l’ancien modĂšle).

MĂȘme lorsque le projet est entrepreneurial, comme la crĂ©ation d’une coopĂ©rative Ă  finalitĂ© sociale, le premier rĂ©flexe semble ĂȘtre : Cherchons des subventions pour les coopĂ©ratives Ă  finalitĂ© sociale.

Ca me rappelle toujours ce conseil de Gary Vaynerchuk aux entrepreneurs : “Make Money. Don’t Raise Money“, qu’on pourrait traduire par “Gagnez de l’argent, ne cherchez pas Ă  lever des fonds”. Il s’adresse lĂ  aux Tech entrepreneurs et autres lanceurs de Start-ups qui lĂšvent des millions de dollars sur leur idĂ©e, sans mĂȘme avoir vendu le moindre produit.

En Belgique, c’est la mĂȘme chose, mais les Angel Investors sont toutes ces couches Ă©tatiques auxquelles on peut aller solliciter des subventions : la RĂ©gion, la Province, le FĂ©dĂ©ral, la FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles, etc., etc., etc.

Le modĂšle de crĂ©ation d’activitĂ© est celui-ci :
1. de longues rĂ©unions de brainstorming (parfois accompagnĂ©es d’une asbl Ă©galement subventionnĂ©e pour accompagner la crĂ©ation d’autres activitĂ©s subventionnĂ©es. Il est fort probable que l’on colle des post-it : https://goo.gl/txSA4m)
2. la recherche de subventions (il est possible d’avoir des subventions pour financer la recherche de subventions).
3. la rĂ©daction d’un dossier de candidature pour l’octroi de la subvention. GĂ©nĂ©ralement, l’activitĂ© initialement prĂ©vue change (plus ou moins fortement) pour coller aux caractĂ©ristiques de la subvention (dĂ©finition ou redĂ©finition d’un public-cible, d’un territoire-cible, nouveaux objectifs, etc.).
4. (facultatif mais utile) contacts avec des mandataires politiques qui pourraient intervenir dans l’octroi de la subvention.
5. Octroi de la subvention.
6. Engagement d’un temps plein ou d’un mi-temps et/ou achat du matĂ©riel, amĂ©nagement des locaux, etc.
7. Recherche du premier client (et rapport d’activitĂ© annuel auprĂšs du pouvoir subsidiant).

Bref, le systĂšme est tout Ă  fait sur sa tĂȘte. Ce dont on aurait besoin, c’est d’une dynamique inverse :
1. Avoir une idée
2. Rechercher un premier client
3. Foirer sa vente (mais le gars, sympa, nous dit “mais ton idĂ©e est bonne, hein !”)
4. Modifier un peu son idée
5. Rechercher un deuxiĂšme client
6. RĂ©ussir sa vente
7. Avoir 5 nouveaux clients
8. Avoir 20 nouveaux clients
9. Bosser dur dans son garage (en anglais, c’est “work your a** off”)
10. Attendre 2 ans avant de pouvoir payer un temps plein.

On a besoin de beaucoup plus de culture “garage land“* (ce modĂšle californien de crĂ©ation d’entreprises dans des garages, dont le CrossFit est la variante “garage gym”) et beaucoup moins de subventions.


 D’autant plus que ce qui freine fortement la crĂ©ation d’activitĂ©s entrepreneuriales, ce sont les coĂ»ts de crĂ©ation d’entreprises, entre la crĂ©ation elle-mĂȘme (comptez 1.500€ : frais administratifs + notaire + comptable) et le capital minimal lĂ©gal : 18.550 € pour un SPRL. Bref, vous n’en avez pas pour moins que 20.000 €.

Alors, moi, je pense qu’il faudrait rĂ©duire les subventions, et utiliser tout cet argent pour rĂ©duire les frais de crĂ©ation d’entreprises qui constituent de vĂ©ritables freins Ă  l’entrepreneuriat !

* Autre exemple de Garage gym que j’aime beaucoup : la petite sociĂ©tĂ© de Skateboard de Mike Vallely, qu’il gĂšre dans son garage, avec sa fille : https://www.streetplantbrand.com/

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Podcast #009 : Agir grĂące Ă  la notion d’Empowerment ! (nutrition, sport, emploi, transition…)

Un podcast moins thĂ©orique, et plus en mode dĂ©veloppement personnel. Et c’est tout l’intĂ©rĂȘt de la notion d’Empowerment : quelle que soit la situation, ça pousse Ă  agir ! Du coup, c’est intĂ©ressant en coaching (sportif, alimentaire, etc.), comme pour des mouvements citoyens, des groupes en transition, etc.

Pour pousser la rĂ©flexion plus loin : Si derriĂšre la notion d’Empowerment, il y a l’idĂ©e qu’on n’a pas le temps d’attendre que “les choses” changent, et que le plus rapide est de reprendre soi-mĂȘme (ou nous-mĂȘmes) en main les choses sur lesquelles on a une emprise, est-ce que ce n’est pas une rĂ©ponse Ă  l’URGENCE de la situation (urgence climatique, urgence politique, urgence Ă©conomique, etc…). Qu’en pensez-vous ?
 
Le podcast est disponible sur :
 
🔊 iTunes : https://goo.gl/xA9SmC
🔊 Soundcloud : https://goo.gl/ZuD8h9
🔊 Castbox : https://goo.gl/q7U8id
 
⏱ DurĂ©e : 17 minutes
 
Et si vous prĂ©fĂ©rez une version texte, elle est ici 😉
 
Bonne Ă©coute ! 😉 Et n’hĂ©sitez pas Ă  partager Ă  toutes celles et ceux que ça pourrait intĂ©resser ! Merci !!!
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Agir grĂące Ă  la notion d’Empowerment. Exemples en matiĂšre d’alimentation, de sport, d’emploi, de transition, etc…

Une des choses que je prĂ©fĂšre dans la notion d’empowerment, c’est qu’elle permet de dĂ©passer tout un ensemble de dĂ©bats qui me semblent souvent stĂ©riles. Comme par exemple l’opposition individu / sociĂ©tĂ© et son Ă©ternelle dĂ©clinaison dans : “est-ce la faute de l’individu ou la faute de la sociĂ©té ?“, responsabilitĂ© individuelle v/s responsabilitĂ© collective ?

Une approche par l’empowerment peut se permettre de faire l’économie d’une thĂ©orie sur le monde social, en ce sens que c’est avant tout un mode d’action, ou mieux : un call-to-action.

Pour la petite histoire, j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire sur l’empowerment lorsque j’étais enseignant. J’avais entrepris l’écriture d’un “Guide pratique Ă  destination des enseignants en Sciences humaines” (qui reste pour l’instant Ă  moitiĂ© Ă©crit). Le pitch Ă©tait celui-ci :

Peut-ĂȘtre qu’enseigner est difficile parce que l’Enseignement manque de moyens, que les programmes sont mal adaptĂ©s, que les jeunes ne sont plus comme avant, que les parents les Ă©duquent mal, etc
 Peut-ĂȘtre
 Mais ça ne sera pas rĂ©glĂ© demain. Comment faire en sorte, pour un enseignant, que ça se passe bien devant sa classe, dĂšs lundi matin ?

Le but Ă©tait de fournir un ensemble de trucs et astuces, Ă  mettre directement en pratique, pour que ça se passe bien. Rien de pire pour un enseignant d’avoir l’impression d’aller au combat devant sa classe tous les matins, et de se dire que ça n’ira pas mieux tant que “la sociĂ©tĂ©” ne changera pas (ce qui arrivera bien un jour ou l’autre mais pas demain).

Et rien n’empĂȘche, Ă  cĂŽtĂ© de ça, de militer pour une revalorisation de l’enseignement, pour un changement des programmes, de dĂ©noncer le laxisme des parents, la perte des valeurs des jeunes, etc. Mais l’idĂ©e est d’agir, indĂ©pendamment de ces causes sur lesquelles on n’a pas une emprise directe.

Une approche par l’empowerment, c’est exactement ça : peut-ĂȘtre que la cause du problĂšme est collective, qu’elle relĂšve d’un problĂšme de sociĂ©tĂ©, peu importe, je dĂ©cide d’abord de modifier mon propre comportement.

Et on voit bien du coup en quoi, une approche par l’empowerment est a-politique, la dimension politique relevant de la maniĂšre dont on perçoit les causes du phĂ©nomĂšne.

RĂ©cemment, je lisais un article traitant de l’obĂ©sitĂ©, intitulĂ© “‘JournĂ©e europĂ©enne de l’obĂ©sité’ : malaise autour de la campagne de sensibilisation“. Cet article relayait les propos de l’ONG Food Watch, dĂ©nonçant une campagne de sensibilisation coordonnĂ©e par le CNAO (Collectif national des associations d’obĂšses) et soutenue par le Gouvernement français. Pourquoi ? Parce que cette campagne “culpabilise les consommateurs au lieu de cibler les vrais responsables que sont les industriels de la malbouffe“.

Extrait :

“Contre l’obĂ©sitĂ©, bougez votre corps pour ĂȘtre au cƓur de votre santĂ© », « Contre l’obĂ©sitĂ©, mangez Ă©quilibrĂ© et avec plaisir », « Contre l’obĂ©sitĂ©, osez changer vos modes de vie » : voici le genre de message que la CNAO a adressĂ© au public via une campagne d’affichage Ă  l’occasion de la journĂ©e europĂ©enne de l’obĂ©sitĂ©. D’un premier regard, ceci peut sembler de simples conseils anodins et bienvenus. Cependant, ils font du surpoids une simple question de choix individuels, au dĂ©pit du fait que l’obĂ©sitĂ© est en passe de devenir un dĂ©fi civilisationnel, y compris en France (15 % des adultes sont concernĂ©s, une tendance qui s’aggrave). DĂšs lors, cette campagne n’inculque-t-elle pas une nouvelle fois l’idĂ©e que les individus, isolĂ©s face Ă  leur situation, sont les seuls responsables ? Pas les industriels ? Pas les grandes marques ? Pas notre maniĂšre de gĂ©rer collectivement la sociĂ©tĂ© ? Le manque de vision systĂ©mique de la problĂ©matique frappera aux yeux des professionnels du milieu.”

  • Est-ce que l’obĂ©sitĂ© est un dĂ©fi civilisationnel ? Oui !
  • Est-ce que les industriels sont responsables ? Oui, bien sĂ»r ! Je pointerais mĂȘme du doigt l’industrie du sucre en particulier, qui rĂ©alise un vĂ©ritable lobbying, tels les cigarettiers Ă  une Ă©poque, pour vendre leurs produits et dĂ©tourner l’attention publique des dangers du sucre. J’en ait fait une analyse ici : “Et si nous refusions d’ĂȘtre au service de l’industrie alimentaire ?” (et une autre version dans Sport & Vie : janvier-fĂ©vrier 2016, n°154)
  • Est-ce la faute des grandes marques ? De la grande distribution qui rend les aliments les plus mauvais pour la santĂ©, les plus accessibles et les moins chers ? Oui, oui, oui !

Mais en quoi cela va-t-il aider, dÚs demain, celle ou celui, qui doit perdre du poids parce que sa santé est en danger ?

On peut – et mĂȘme, je pense qu’on doit – critiquer la grande distribution, l’industrie agro-alimentaire, qui a tout Ă  fait dĂ©naturĂ© notre alimentation. Mais demain matin (et quand je dis “demain”, c’est vraiment “le jour aprĂšs celui-ci”, mardi par exemple, si vous lisez ce texte lundi
 pas un “demain” dans le futur), les mĂȘmes produits seront toujours prĂ©sents dans les mĂȘmes magasins, avec les mĂȘmes marques, les mĂȘmes multinationales et les mĂȘmes lobbies. Mais VOUS pouvez dĂ©cider ce que vous allez mettre dans votre bouche au petit-dĂ©jeuner, Ă  midi et au soir. VOUS pouvez dĂ©cider si, au lieu de regarder un xiĂšme Ă©pisode de votre sĂ©rie, vous allez marcher un peu
 ou courir
 ou quoi que ce soit d’autre comme activitĂ© physique. Ca, PERSONNE ne peut vous en empĂȘcher. Continue reading Agir grĂące Ă  la notion d’Empowerment. Exemples en matiĂšre d’alimentation, de sport, d’emploi, de transition, etc…

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5 facteurs liĂ©s Ă  l’espĂ©rance de vie : JE dĂ©cide de ma santĂ© ! #Empower

Une meta-analyse rĂ©cente, publiĂ©e dans la revue “Circulation” (American Heart Association), sur plus de 100.000 personnes, a montrĂ© que l’espĂ©rance de vie pouvait ĂȘtre augmentĂ©e de 14 ans pour les femmes et 12 ans pour les hommes*, grĂące Ă  5 facteurs :

  • ne pas fumer**
  • ne pas ĂȘtre en surpoids
  • avoir une activitĂ© physique (de modĂ©rĂ©e Ă  vigoureuse) > 30′ / jour
  • une alimentation saine
  • une consommation modĂ©rĂ©e d’alcool (♀1verre/jour – ♂ 1-2 verres/jour)

Ce sont tous des facteurs liĂ©s Ă  notre style de vie. En fait, cette mĂȘme Ă©tude montre que 60% des morts prĂ©maturĂ©es peuvent ĂȘtre attribuĂ©es Ă  des facteurs liĂ©s au style de vie.
=> Ca veut dire que cela relÚve de CHOIX PERSONNELS !

JE décide ce que je mets dans ma bouche et dans mes poumons. JE décide si je bouge de mon fauteuil ou pas.

Bien sĂ»r, il faudrait des vraies politique de santĂ©, qui favorisent une alimentation saine, qui facilitent l’accĂšs Ă  des activitĂ©s physiques, etc…. MAIS au final, c’est vous qui dĂ©cidez ce que vous allez manger, et se lever de son fauteuil, sortir courir, faire des squats et des burpees ne coĂ»tent rien… #yourchoice #yourlife #Empower #ThatsIt

* Explication : Cette Ă©tude montre qu’Ă  50 ans, les femmes peuvent augmenter le nombre d’annĂ©es qui leur restent Ă  vivre de 29 Ă  43,1 ans (donc vivre jusqu’Ă  93,1 ans au lieu de 79 ans), et les hommes de 25,5 Ă  37,6 ans (donc vivre jusqu’Ă  87,6 ans au lieu de 75,5 ans).

** C’est un bon exemple de l’intĂ©rĂȘt d’une approche “Via Negativa” Ă  la Nassim Nicholas Taleb : un tel impact sur l’espĂ©rance de vie est liĂ© au fait d’ĂŽter ce qui nous tue (tabac, mauvaise alimentation, excĂšs d’alcool), plutĂŽt qu’au fait de rajouter quelque chose (un traitement, un mĂ©dicament) qui nous ferait vivre plus longtemps…

RĂ©fĂ©rence de l’Ă©tude : “Impact of Healthy Lifestyle Factors on Life Expectancies in the US Population”, Circulation. 2018;137:00–00. TĂ©lĂ©chargeable en PDF ici : https://healthmetrics.heart.org/impact-of-healthy-lifestyl
/

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La participation, c’est…

 

La “participation” (citoyenne) recouvre tout un ensemble de conceptions, de pratiques, de procĂ©dures. Voici quelle en serait ma dĂ©finition :

“La participation, c’est permettre aux gens de se mĂȘler de ce qui les regarde”

Cette dĂ©finition m’est venue Ă  la lecture d’une citation du philosophe et poĂšte, Paul ValĂ©ry (1871-1945) : “La politique est l’art d’empĂȘcher les gens de se mĂȘler de ce qui les regarde.”

… Du coup : la participation est-elle l’inverse de la politique ??

Vous avez une heure ! 😉  Three-Two-One… Go !

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Devenez Backpack entrepreneur !

Faire toute sa carriĂšre professionnelle dans une grande entreprise, ou – pire – dans une administration, n’attire plus grand monde. Toutes les analyses relatives au travail le montrent, les plus jeunes ont un rapport diffĂ©rent au travail : ils changent plus souvent de jobs, n’hĂ©sitent pas Ă  travailler dans un domaine autre que celui de leurs Ă©tudes, et sont attirĂ©s par le statut d’(auto-)entrepreneur.

Surtout, on voit de plus en plus de personnes multiplier les activitĂ©s rĂ©munĂ©ratrices : enseignant la journĂ©e et musicien le soir, consultant la semaine et artisan-menuisier le week-end, policier et coach sportif, informaticien et photographe, coiffeur et DJ, etc., etc., etc. On en connaĂźt tous. Les exemples citĂ©s existent d’ailleurs rĂ©ellement dans mon entourage. C’est ce qu’on appelle les “Slashers” : architecte/barman/photographe. “One person, multiple carreers(une personne, plusieurs carriĂšres), du nom du livre de Marci Alboher sur la question. Les appellations sont elles aussi multiples : on parle Ă©galement de “Portfolio carreer” et de “donjuanisme professionnel“. Et c’est typique de cette fameuse Generation Flux, dont parle souvent Fast Company.

Moi, j’aime bien l’idĂ©e de “Backpack entrepreneur” (“backpack” = sac Ă  dos en anglais). C’est prĂ©cisĂ©ment le mode de “travail” que j’expĂ©rimente actuellement (sur le net plus qu’ailleurs, ne faites confiance qu’à ceux qui expĂ©rimentent leurs conseils sur eux-mĂȘmes !).

Je prĂ©fĂšre cette idĂ©e Ă  celle de “casquette” : “avoir plusieurs casquettes”. En particulier, parce qu’on ne peut porter qu’une casquette Ă  la fois (ou alors on a l’air ridicule). On me pose souvent cette question : “Oui, mais lĂ , tu interviens avec quelle casquette ?” Sociologue ? Coach ? Enseignant ? Community manager ? Citoyen engagé ? 
 Comme si on ne pouvait porter qu’une de ces casquettes Ă  la fois. Comme si mes compĂ©tences et expĂ©riences de sociologue ne me servaient pas en tant qu’enseignant ou que coach, comme si ce que j’avais appris comme enseignant ne me servait pas comme coach ou dans mes engagements personnels, etc. Continue reading Devenez Backpack entrepreneur !

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“… Said no one ever !”. Personne ne dit jamais ça.

 

Et si on essayait de décrire la situation actuelle, en partir de ce que (presque) personne ne dit jamais ?

Exemple 1 : (Presque) personne ne dit “J’adore mon boulot ! Je m’y vois encore bien dans 10 ans !”, ou “Mon boulot est Ă©panouissant, j’y trouve vraiment du sens, je suis fier de ce que je fais !”, ou “Chaque matin, j’ai hĂąte d’aller bosser !”, ou “La lĂ©gislation liĂ©e Ă  mon secteur est vraiment adaptĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© du terrain”, ou “L’organisation interne est hyper bien pensĂ©e, et les personnes aux postes clĂ©s sont extrĂȘmement compĂ©tentes !”
 Said No One EVER !

Au contraire, Ă©normĂ©ment de personnes se sentent frustrĂ©es dans leur emploi : mauvais fonctionnement, incompĂ©tence du n+1, du n+2, du n++
.. , surcharge de boulot Ă  cause de collĂšgues trop souvent absents, harcĂšlement, sentiment de ne servir Ă  rien, de faire toujours la mĂȘme chose, de ne pas ĂȘtre Ă  sa place, de ne pas ĂȘtre reconnu Ă  sa juste valeur, prĂ©-burnout, burnout, bore-out, dĂ©pression, etc. Et surtout un sentiment gĂ©nĂ©ralisĂ© que tout se dĂ©grade, qu’avant on pouvait mieux travailler, qu’avant on Ă©tait plus efficaces, qu’avant l’ambiance Ă©tait meilleure


Alors, bien sĂ»r, avant, tout le monde n’aimait pas nĂ©cessairement son boulot, et il n’est pas difficile d’imaginer que passer 10 heures au fond d’une mine n’était pas “Ă©panouissant”. Mais le monde d’hier se structurait probablement davantage entre ceux qui Ă©taient fiers de leur boulot (et qui pouvaient ĂȘtre fiers de bien faire ce qu’ils devaient faire) et ceux qui n’étaient pas satisfaits, et qui se divisaient eux-mĂȘmes entre ceux qui avaient conscience que collectivement ils pouvaient faire changer les choses (la « conscience de classe ») et ceux qui Ă©taient complĂštement rĂ©signĂ©s. Toujours ce Fight or Flight.

Aujourd’hui, tout cela semble brouillĂ©, et nous sommes nombreux Ă  surnager, entre deux eaux, comme si on attendait que quelque chose arrive. Un C4 ? L’effondrement du systĂšme ? Un burnout ?

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