Dans cette image : une révolution copernicienne

On comprend l’importance du moment quand on réalise que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, est relégué au 3ème rang, et obligé de se mettre sur la pointe des pieds pour écouter, par la voix d’une enfant, ce que les dirigeants auraient dû faire depuis 20 ans…

Symboliquement, dans cette image, et dans ce discours de Greta Thunberg, on assiste à une véritable révolution copernicienne, à un renversement de notre représentation du monde : entre qui parle et qui écoute, entre qui agit et qui attend, entre qui est responsable et qui est irresponsable, entre qui se comporte comme un.e adulte et qui se comporte comme un.e enfant.

Entre le réalisme de l’action et l’utopie de l’inaction.

Ce qu’elle exprime, c’est ce qu’une part de plus en plus grande de la population exprime depuis… 20 ans (30 ans ?), sous des formes très variées :

  • Il est urgent de repenser notre modèle de société.
  • Si celles et ceux qui dirigent n’agissent pas de manière responsable (entre autres par leur inaction), ce sont les “dirigés” qui doivent reprendre les choses en main.

Sa phrase de conclusion :

“We have decided to take action.
We have started to clean up your mess,
And we will not stop until we are done”.

Cette phrase résume à mon sens TOUS les mouvements sociaux de ces dernières décennies.

S’il faut une phrase pour résumer la notion d’empowerment, c’est celle-là !

Vidéo complète ici : https://youtu.be/CWQPDsHJ0gc

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Brève réflexion sur l’influence : l’exemple de la lutte pour le climat

L’air du moment semble être à la recherche de “qui mène le meilleur combat ?”… C’est au niveau de la lutte pour le climat que ça se voit le plus : qui mène le combat le plus légitime ? Les jeunes dans la rue ? Celles et ceux qu’on a élus pour cela ? Les mouvements citoyens ? Les ONG et associations ? Les entreprises ?

… et la question inverse : Qui fait de la récupération ? Qui fait du “green washing” ? Qui fait du lobbying ?

C’est passer à côté d’un facteur essentiel lorsqu’il s’agit de changement social (ici le changement vers une société moins émettrice de gaz à effet de serre) : c’est la multiplicité d’avis convergents qui pousse à s’y conformer.

Les études les plus classiques sur l’influence sont certainement celles de Solomon Asch. Dans ces fameuses expériences de 1955, il testait la probabilité qu’un sujet se conforme à l’avis du reste du groupe. Le dispositif était poussé jusqu’à l’extrême, puisqu’il s’agissait d’un test pour lequel les participants devaient répondre à voix haute. Le sujet avait la bonne réponse et les autres participants étaient en fait des complices qui donnaient de mauvaises réponses. L’expérience testait dans quelle mesure le sujet allait abandonner sa réponse qu’il savait correcte, pour se conformer au groupe et donner une mauvaise réponse.

Si un seul complice donnait une mauvaise réponse : pas d’influence. Deux complices : à peine plus. Mais à partir de 3 complices, l’influence devenait bien plus grande (Gerard, & al. 1868). Plus de personnes donnent le même avis, plus ça nous influence.

Autre exemple : vous marchez en rue, une personne est statique et regarde vers le ciel. Vous vous arrêtez pour regarder avec elle ? Peut-être. Pas sûr… Même exemple, mais elles sont 5 à regarder en l’air ? Vous vous arrêtez et regardez ! 🙂 (Leyens & Yzerbet, 1997).

Et ça n’aurait pas de sens de chercher à savoir laquelle de ces 5 personnes vous a le plus influencé. C’est le fait qu’elles étaient 5 qui vous a influencé.

C’est le fait qu’un collègue vous parle de quelque chose ET que votre belle-soeur vous en parle également ET que vous avez vu un reportage au JT sur cette même chose ET qu’il y avait des pubs sur le sujet dans le métro qui vous influencera sur quelque chose, et non pas juste votre collègue, votre belle-soeur, le JT ou la pub… C’est la répétition qui donne du poids. Continue reading Brève réflexion sur l’influence : l’exemple de la lutte pour le climat

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