Parution : Néo Santé, n°100, mai 2020

Nouvelle parution : “Il y a élevage et élevage”, Néo Santé, mai 2020, n°100, p. 24. Parution dans Néo Santé, ce mois-ci, de la suite de mon dossier sur la viande “nourrie à l’herbe” et des poulets et des porcs “en libre pâturage”. Si l’on veut manger “paleo”, il ne faut pas juste regarder ce qu’on a dans son assiette. Il faut avoir une vision de toute la chaîne alimentaire, c’est en particulier vrai au niveau de la viande. ⠀

L’élevage industriel est problématique pour les écosystèmes, et pour les populations qui vivent à proximité de ces véritables “usines à viande” : ruissellement du lisier jusque dans les rivières, sur-utilisation des antibiotiques, destruction des pâturages, etc. ⠀

Mais un autre modèle émerge, qu’on appelle parfois “agriculture régénérative”, parce qu’elle veille à ne pas appauvrir les ressources nécessaires à l’élevage. Ces fermes pratiquement auto-suffisantes font cohabiter la faune et la flore de la manière la plus efficiente possible. Et cette méthode est en train de démontrer sa rentabilité !⠀
Je vous copie ici l’extrait d’un article paru dans Frontiers in Nutrition (2019) :

“La santé du bétail, la santé des humains et la santé de l’environnement sont liées à la diversité végétale et à la richesse phytochimique des pâturages. La santé est réduite lorsque le bétail se nourrit de monocultures ou de grains. La richesse phytochimique des pâturages améliore la richesse biochimique de leur viande. Elle protège leur viande de l’oxydation des protéines et de la peroxydation des lipides, qui provoque, chez l’humain : inflammation, problèmes cardiovasculaires et cancers.”

Il n’y a donc pas lieu de distinguer ce qui est sain pour l’humain, pour l’animal dont il se nourrit et pour l’environnement dans lequel ils évoluent tout deux. ⠀

C’est “maintenant” !

Connaissez-vous l’étymologie du mot “maintenant” ? C’est simplement “tenant en main” : manu tenere (lat.), littéralement “pendant que l’on tient en main”.

Et ce que semble apprendre la pandémie de coronavirus, c’est qu’il vaut mieux agir tant que l’on a sa santé en main, si on ne veut pas devoir mettre sa santé entre les mains d’une unité de soins intensifs.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Il y a certaines maladies préexistantes qui augmentent les risques de devoir être hospitalisé, de se retrouver aux soins intensifs, et d’en décéder. Et ces maladies préexistantes sont le diabète, les maladies pulmonaires chroniques, et les maladies cardio-vasculaires (dont l’hypertension). Cela a été observé en Chine, en Italie et aux Etats-unis.

Il y a encore probablement plein de choses que la médecine va découvrir sur ce coronavirus, sur sa contagion, sur sa propagation dans le corps, sur l’efficacité des traitements, etc. Et il faudra du temps pour cela. Mais cette hypothèse-là semble se vérifier.

> > > A lire ici :
https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6913e2.htm?s_cid=mm6913e2_x

Et il n’est pas étrange que ça puisse se vérifier assez vite, parce que c’est quelque chose que la médecine connaît déjà : un corps se défendra d’autant mieux contre un agent extérieur qu’il est en bonne santé. Que cet agent extérieur soit un virus, un microbe, une toxine…

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Coronavirus : Variation sur le thème de la cigale et de la fourmi …

Dans la continuité de plusieurs posts précédents, je voulais essayer de décrire un phénomène presque “tabou”, peu exprimé : c’est ce sentiment que certains et certaines ont d’avoir été “prêts” pour cette crise et ce confinement, un peu à l’image de la fourmi prévoyante de la fable de La Fontaine…

⚠️ Attention, je ne veux pas du tout dire que certains ou certaines pourraient se réjouir d’avoir été prêts pour une telle situation. On ne peut en effet pas se réjouir d’une situation qui fait des milliers de morts au niveau national et qui va probablement provoquer des faillites et de la misère. Pour prendre une image, c’est la même chose que d’avoir investi dans un défibrillateur pour son établissement (imaginons un restaurant) et de s’être formé à son utilisation. Lorsque quelqu’un fait un arrêt cardiaque et que le défibrillateur est utile, vous êtes heureux d’avoir investi dans ce défibrillateur. Vous n’êtes pas heureux, évidemment, qu’une personne ait fait un arrêt cardiaque. J’espère que c’est bien compris par tout le monde, avant de continuer la lecture…

Alors qui sont ces gens ? Qu’ont-ils mis en place en termes de compétences, d’organisation, de réseaux, de connaissances, etc. ?

Ce sont celles et ceux qui, depuis des années, font ce qu’ils ou elles peuvent pour avoir une vie saine, et éviter toutes les maladies chroniques, qui s’avèrent aujourd’hui d’importants facteurs de comorbidité : surpoids, diabète, hypertension, etc. Ils pratiquent une activité physique, mangent sainement, ne fument pas. Parmi ces personnes, certaines présentaient ces facteurs de comorbidités dans le passé. Et ils et elles ont l’impression d’avoir fait le bon choix, même si autant d’efforts paraissait parfois insensé aux yeux de leur entourage.

Ce sont celles et ceux qui ont cherché à développer des compétences et des connaissances leur permettant de “faire par eux-mêmes” : cuisiner, faire leur pain, faire leurs pâtisseries, faire leurs conserves, cultiver leurs légumes,… *COUDRE* 🧵✂️ ! On ne s’est jamais autant rendu compte de l’importance de savoir coudre un petit bout de tissu et deux élastiques ! Est-ce que vous avez remarqué cette fierté de mamies qui confectionnent aujourd’hui des dizaines de masques par jour, sur leur vieille machine à coudre ?

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Coronavirus : Comment gagner ? Par Yaneer Bar-Yam

Yaneer Bar-Yam (New England Complex Systems Institute) a été l’un des premiers à tenter d’alerter quant à l’épidémie (dès janvier) et a, au préalable, beaucoup travaillé sur d’autres épidémies, comme celle d’Ebola.
Il y a quelques jours, il a co-signé “Covid-19 : How to win“, avec Chen Sen.

Ce n’est qu’une page (en anglais 🇬🇧), lisez-la ! Je vous en fais néanmoins un petit “digest” en français 🇫🇷… ⤵️

La pandémie s’est développée de manière exponentielle (objet des alertes de Bar-Yam en janvier), son recul peut être exponentiel également en appliquant ces 9 mesures.

1) Impliquer tout le monde (gouvernements, communautés, entreprises, individus,…).

2) Rester confinés (faire attention aussi au sein des familles).

3) Mettre en quarantaine les personnes contaminées (détecter maison par maison, et établir des hôpitaux dédiés au Covid-19).

4) Porter des masques dans les espace publics.

5) Restriction des voyages (sinon le “tracing” est impossible). Chaque État, chaque région, doit mettre en quarantaine tout nouvel arrivant.

6) Les services essentiels doivent être maintenus par livraison, ramassage des déchets, etc.

7) Tester, tester, tester ! Si on ne sait pas qui est contaminé, on ne sait pas qui isoler.

8) Produire des conseils de santé : comment renforcer son immunité, par l’alimentation, le sommeil, l’exercice, comment filtrer l’air, etc.

9) Soutenir le personnel médical, avec tout l’équipement nécessaire.

> > > Ce sont, selon Yaneer Bar-Yam, les 9 mesures qui permettront de sortir le plus vite de cette crise et de reprendre tout un ensemble d’activités.

Les enjeux humains (dont économiques) sont des taille !

Lien vers l’article : https://static1.squarespace.com/static/5b68a4e4a2772c2a206180a1/t/5e8a5baee37ead7fc5851c1f/1586125742608/WinningCOVID.pdf

Qu’est-ce qui expliquerait l’”extraordinaire médiocrité” de certains dirigeants politiques ?

Depuis le début de cette pandémie, il ne se passe pas un jour sans qu’on se rende compte qu’un de nos dirigeants ou une de nos dirigeantes a pris de mauvaises décisions. Et je crois que ça vaut autant pour la France 🇫🇷 que pour la Belgique 🇧🇪.

Du coup, beaucoup se posent cette question : comment est-il possible qu’on ait des gens qui semblent aussi incompétents, aux plus hautes fonctions politiques ?

Et chacun et chacune y va de sa réponse : du “tous pourris” à “tous pistonnés”, lorsqu’on ne leur prête pas des intentions réelles de nous nuire.

Mais existe-t-il une explication plus sociologique ?

Et bien OUI ! Et elle nous est fournie par Pierre Bourdieu. Il appelle même ça “la loi fondamentale des appareils bureaucratiques”. Et je vais essayer de vous l’expliquer rapidement 😉 ⤵️

Bourdieu explique cela dans deux petits textes qui sont, à mon sens, parmi les textes les plus intéressants écrits au 20ème siècle, pour comprendre la politique. Il s’agit de “La représentation politique” (1981) et “La délégation et le fétichisme politique” (1984), tout deux regroupés dans le recueil “Langage et pouvoir symbolique” (2001).

En gros (avec mes mots), Bourdieu explique que les partis mettent aux plus hauts postes, leurs meilleurs soldats. Et ce sont leurs meilleurs soldats, non pas parce qu’ils sont plus compétents, plus intelligents, plus brillants… mais parce que ce sont leurs soldats les plus *fidèles*.

Et pourquoi sont-ils leurs soldats les plus fidèles ? Parce que ce sont celles et ceux qui doivent tout au parti ! Et par conséquent, ils ou elles ne feront jamais un pas hors de la ligne du parti, ne le quitteront pas, ne se retourneront pas contre lui.

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Coronavirus & “La Peste” de Camus

Voici la scène de “La Peste” de Camus que nous rejouons à chaque étape de cette pandémie…

👉 Surlignés en jaune, les propos du Dr. Rieux, héros/narrateur du roman, qui lutte contre la peste. Il essaie d’alerter les autorités :
> > > En résumé : Peu importe comment on définit cette maladie, peu importe les hésitations médicales, il faut prendre des mesures de précaution au plus vite, sinon la moitié de la ville va mourir…

👉 Surlignés en rose, les propos du Dr. Richard, de l’Association médicale d’Oran, qui est au contact des autorités :
> > > En résumé : Il faut attendre d’avoir des certitudes, on n’a pas de preuves, on n’a pas de définitions, etc…

Remplacez “peste” par “coronavirus” et repensez à toutes les étapes depuis le début de la pandémie :

  • faut-il cesser les vols avec la Chine ?
  • faut-il mettre en quarantaine celles et ceux qui reviennent de l’étranger ?
  • faut-il fermer les cafés et restaurants ?
  • faut-il annuler les grands événements ?
  • faut-il organiser les municipales ?
  • faut-il fermer les écoles ?
  • faut-il décréter le confinement ?
  • faut-il porter un masque ?
  • Etc…

L’opposition Rieux / Richard, c’est aussi l’opposition entre la médecine “de terrain” qui veut avant tout soigner et une certaine forme de science (scientisme ?) qui veut avant tout des “preuves”.

Je vous invite vraiment à lire les 2 pages ci-dessous (en espérant que le texte soit lisible une fois réduit au format de Facebook), parce que c’est très bien écrit (c’est Camus quand même !). Et évidemment, je vous invite à lire tout le livre ! 🤓

Les références de mon édition, pour retrouver le passage : “La peste”, Paris : Éditions Gallimard, 1947.

Coronavirus : Est-ce qu’on peut espérer que les choses changent après cette crise ?

Une des questions du moment est certainement : est-ce qu’on peut *espérer* que les choses changent après cette crise ? Ou faut-il plutôt être *fataliste* et se dire que finalement, tout le monde reprendra sa vie “normale” , parce que les contraintes sont trop grandes.

J’avais envie de partager quelques réflexions, simples et pragmatiques  :

Premièrement, pour faire changer les choses, il ne faut pas nécessairement être un militant ou une militante, qui se *sacrifie* pour une cause.

On imagine souvent celles et ceux qui font changer les choses comme des guerriers prêts à tout quitter pour révolutionner la société ! C’est ce mythe de la clandestinité, de la révolution en Amérique latine, de la vie en ZAD, etc. Ca existe, et ça peut jouer un rôle dans les changements sociaux, mais ça ne concerne qu’une infime minorité.

(C’est un peu comme se dire que faire du CrossFit, c’est s’entraîner comme un athlète des CrossFit Games ! …. cette analogie parlera à tous les pratiquants et pratiquantes de CrossFit) 😉

Surtout, derrière cette image du militant, il y a l’idée que faire changer la société implique privation, abnégation, sacrifice. Bref, se priver des “bonnes choses”, “restreindre” son bonheur, pour le bien de la société. C’est quand même fortement là-dessus qu’est construit tout le militantisme pour le climat.

Alors que ce qu’on voit actuellement, c’est que la demande de changement porte plutôt sur des choses assez simples de la vie quotidienne… des choses qui nous rendent, sur le coup, plus heureux et plus heureuses.

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Coronavirus : Une conséquence inattendue du confinement

Une conséquence peut-être inattendue de cette situation de confinement : Combien de personnes vont se rendre compte qu’elles apprécient certains éléments de cette situation ?

Je veux dire…

Combien vont remarquer qu’ils apprécient travailler à distance, selon leur propre rythme, depuis leur terrasse, leur jardin, leur salon, en profitant du temps passé avec leurs enfants ?

Combien vont apprécier de ne plus passer 1 à 2 heures matin et soir dans des transports en commun bondés ou dans des embouteillages ?

Combien vont se rendre compte qu’une baisse de salaire, même significative, n’est pas aussi dramatique que ce qu’ils craignaient, s’ils adoptent un mode de vie moins *inutilement* dépensier, centré sur l’essentiel ?

Combien vont envisager de réduire leur temps de travail, et développer un side project en ligne, en mode “digital nomad” ?

Combien vont sérieusement réfléchir à se libérer du temps pour cultiver leurs légumes, élever quelques bêtes, et aller vers plus d’autonomie financière, alimentaire, énergétique ?

A la suite de ces semaines de confinement, l’économie sera impactée :

  • Il y aura des licenciements, mais je pense qu’il y aura aussi des démissions, suivies de reconversions professionnelles.
  • La production aura du mal à reprendre, mais il est probable que la consommation diminue également par rapport à avant.

Quoi qu’il se passe, et quoi qu’on souhaite (gens “de gauche”, gens “de droite”, etc.), rien ne peut empêcher qu’une situation aussi EXTRAORDINAIRE fasse RÉFLÉCHIR, chacun et chacune, sur son mode de vie.

… Et c’est souvent quand les gens réfléchissent que les choses changent… 👍

Stay in the game !

C’est probablement le meilleur conseil que je puisse donner à celles et ceux qui sont confinés à domicile. 

Ca veut dire : restez prêt et prête à reprendre une vie « normale » après : le boulot, l’école, les entraînements, vos projets. 

Ca veut dire concrètement de continuer à avoir un horaire, une discipline, une organisation. Continuez à vous lever tôt, à manger à heures fixes, à vous prévoir des plages de travail, à prévoir vos entraînements. 

C’est l’inverse de se dire qu’ « on n’a rien à faire de la journée »… parce que ça, c’est effectivement le meilleur moyen de ne rien faire de la journée. Si vous vous dites que, de toute façon, vous pouvez vous levez à l’heure que vous voulez, qu’il n’y a aucune raison de se faire des repas à heures fixes, puisque vous pouvez manger quand vous voulez, qu’il n’y a aucune raison de se dépêcher à s’entraîner puisque vous avez toute la journée, etc…, c’est le meilleur moyen de glander en pyjama toute la journée, et grignotant des chips devant Netflix ! 🙂

DONC : STAY IN THE GAME !! 

Levez-vous, douchez-vous, déjeunez, organisez votre journée et mettez-vous à la tâche ! Le confinement passera beaucoup plus vite ! 

J’aime bien cette idée du « Stay in the Game », parce que ça renvoie au sport. Imaginez cette période de confinement comme une période où nous nous sommes toutes et tous sur la touche, et où on peut profiter de cette mise sur la touche pour faire le point, réfléchir à la meilleure manière de progresser, et affûter nos compétences. 

Avancez-vous sur vos projets ? QU’EST-CE QUE VOUS POURRIEZ FAIRE POUR QUE VOTRE VIE D’APRÈS-CORONAVIRUS SOIT MIEUX QUE CELLE D’AVANT-CORONAVIRUS ? Chaque journée de confinement est une occasion de bosser là-dessus ! 

STAY IN THE GAME !! Pour revenir plus fort ou plus forte après !! 

(And stay at home !!) 😉 

Parution : Néo Santé, n°99, avril 2020

Nouvelle parution : “Les avantages de la viande de pâturage”, Néo Santé, n°99, avril 2020, p. 24. Manger “paléo”, c’est bien sûr manger comme on a mangé durant des millions d’années. Mais pour bien faire, en matière de viande, il faudrait aussi manger des animaux qui ont, eux aussi, mangé comme ils l’ont fait durant des millions d’années…

Et puis, on préconise de “bouger” comme on a bougé durant des millions d’années… Mais il faudrait aussi que les animaux dont on se nourrit aient eu la possibilité de bouger comme ils sont censés bouger.

Dans cet article, je fais le point sur les avantages de la viande élevée en pâturage. En particulier les boeufs (“grass-fed beef”) et les poulets (“free range”)… À lire dans Néo Santé…