Coronavirus : Don’t F*** With Nature

Sept mois après le début de l’épidémie, il faut à nouveau se confiner. Et ce que j’en retiens principalement, c’est : Don’t f*** with nature. 

C’est tout. Voilà. 

Bon, je vais développer un peu, mais ça peut vraiment se résumer à ça : Don’t f*** with nature

C’est un virus, sa seule finalité est donc de se répliquer pour survivre. Et pour cela, il a besoin de cellules hôtes. Ici en l’occurence, nos cellules humaines. 

Et comme il n’y a pour l’instant ni vaccin, ni traitement, il n’y a que deux choses à faire : laisser nos défenses immunitaires combattre le virus et empêcher qu’il puisse passer d’un organisme hôte à un autre. Je ne vais pas faire un cours de bio, ce que je veux dire, c’est que le virus n’en a rien à faire de nos libertés individuelles, des dangers pour l’emploi, de l’endettement des générations futures. Il n’en a rien à faire qu’on ait besoin d’aller au resto, au théâtre ou à la fête foraine. Il a juste besoin de cellules à infecter. On ne peut donc pas contrebalancer la lutte contre le virus par la préservation de l’emploi ou la défense de nos libertés individuelles. Ca ne marche pas comme ça. On ne négocie pas avec la nature. Don’t f*** with nature.

Je pense à celles et ceux qui, interrogés en terrasse de café, disent “oui, on doit se protéger, mais on doit aussi vivre et voir ses amis”… Ou encore les coups de gueule de certaines stars pour dire que « vivre, c’est aussi danser, chanter, s’embrasser »… J’ai même entendu à la radio qu’”aller au théâtre, c’est aussi un geste barrière !“. Mais un virus n’en a rien à faire de toutes ces occupations humaines, aussi nobles soient-elles. Pour un virus, 10 personnes qui se réunissent pour boire de la bière en rotant et 10 personnes qui se réunissent pour un Concerto, c’est plus ou moins la même opportunité d’infecter de nouvelles cellules. 

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Brève réflexion sur le retrait de Greg Glassman à la tête de CrossFit HQ…

Greg Glassman qui se retire de la direction de CrossFit, Inc., suite à ses propos offensants, et Dave Castro qui devient CEO, c’est l’histoire universelle du meurtre symbolique du père. Une communauté encore primitive doit nécessairement tuer le père pour se fonder en tant que “vraie” communauté, civilisée et organisée (1). On ne pouvait pas vraiment y échapper.

C’est-à-dire que celles et ceux qui s’étonnent que 2 tweets et un mail puissent déclencher un tel sacrifice, passent, je pense, à côté du fait que c’est quelque chose qui devait arriver, tôt ou tard. Et c’est assez logique que ça arrive dans une période de bouleversements et de violence, avec d’un côté une pandémie qui bloque la planète entière et de l’autre une mobilisation sans précédent contre les violences raciales.

Et en fait, c’est plutôt sain : la communauté créée par Glassman est devenue plus forte que lui, en tant que père. Et c’est précisément ce que nous avons vu avec les nombreux messages de salles CrossFit et de “red shirts”, les membres du Staff L1 et L2 (ici un post de Karl Steadman). L’idée générale est : nous sommes fiers de faire partie de cette communauté, et nous ne voulons pas que les propos de Greg Glassman (ou peut-être son attitude générale), dans lesquels nous ne nous reconnaissons pas, mettent en danger cette belle et forte communauté, composée de 15.000 salles affiliées, qui aident au quotidien des millions de personnes à être en meilleure santé.

Nous sacrifions donc le “père”, pour sauver la communauté. Classique. Pour la sauver et pour la pacifier ! (2) On ressent très bien cette volonté de “pacifier” dans le texte “Why Didn’t CrossFit Just Say Something?” publié aujourd’hui sur CrossFit.com.

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Brève réflexion : Approche localiste de la situation belge

Je vais essayer de présenter le problème belge d’un point de vue “localiste”, c’est-à-dire à partir d’une question d’échelle (ce qu’on ne retrouve pratiquement jamais dans le débat actuel).

1) Dans les années ’70 et ’80, on a opté, en Belgique, pour un fédéralisme au profit des régions et des communautés.

2) Très vite (en août 1980), la Région flamande et la Communauté flamande ont fusionné.

3) On a un État fédéral de 11,4 millions d’habitants. Avec une entité fédérée, la Région flamande, qui comprend 6,6 millions de ces 11,4 millions d’habitants.

4) Dans un État fédéral, une entité fédérée n’est pas censée représenter plus de la moitié de la population. Parce que dans ce cas-là, elle peut très facilement tout bloquer. Elle est assez grande pour défier l’autorité fédérale. C’est précisément la situation actuelle.

5) Pour comparaison, en Suisse 🇨🇭, 8,6 millions d’habitants, le canton le plus grand est celui de Zurich : 1,3 millions d’habitants. Et il y a 26 cantons (alors qu’il n’y a que 3 régions en Belgique).

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Brève réflexion sur le fait de “recréer du lien” (social)

Beaucoup d’initiatives en transition sont animées par la volonté de “recréer du lien social”. Et c’est évidemment une très bonne chose.

Mais souvent, lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi on a “perdu” ce lien social, on tombe dans une explication un peu simpliste : “c’est la faute de l’individualisme”. J’ai toujours trouvé que cet “individualisme” ressemblait fort aux “gros concepts” de Gilles Deleuze : des termes qui ont toute l’apparence de l’explication scientifique, mais qui, au lieu d’aider à penser, amènent bien souvent à ne pas penser. “C’est la faute de la société individualiste. Point” Fin de l’explication.

Il y a pourtant des explications plus concrètes et plus pertinentes, à mon sens. Comme par exemple celle-ci*…

👉 Les liens sociaux sont moins fonction du nombre de personnes qu’on rencontre, que du nombre de fois qu’on rencontre chaque personne.

Dit autrement : on crée davantage de lien social en rencontrant 10 fois une personne, qu’en rencontrant une fois 10 personnes. Continue reading Brève réflexion sur le fait de “recréer du lien” (social)

Entrepreneurs : Persist and Resist !

Lorsqu’Acerta, l’UCM et l’administration fiscale auront tué le dernier indépendant et mis en faillite la dernière société de Belgique, comment feront-ils ? Est-ce qu’ils se mangeront les uns, les autres ?

… Honnêtement, et plus sérieusement, pourquoi faire payer autant les indépendants et les entreprises en Belgique🇧🇪? … si ce n’est pour dissuader toute activité indépendante ?? (et je sais que c’est la même chose en France 🇫🇷)

Je veux dire : au lieu de prendre un emploi vacant, on en crée un (et parfois on en crée même plusieurs), et au lieu de coûter à la collectivité, on s’assume seuls, même si beaucoup d’indépendants gagnent moins que s’ils étaient au chômage… quel est l’intérêt de nous faire payer autant ??

Bref, c’est la question que je me pose quatre fois par an, en période de TVA, depuis des années…

A chaque fois, j’ai l’impression de payer mon “peculium”, le prix de ma liberté, à des gens qui gagnent beaucoup plus que moi…

Comprenons-nous bien, je ne me plains pas. J’ai choisi à 100% d’être indépendant et chef d’entreprise. Les obstacles que l’Etat met constamment sur la route des entrepreneurs et entrepreneuses sont autant d’occasions de renforcer notre activité indépendante et de nous émanciper davantage du joug de l’Etat. Surtout, ces expériences alimentent – au quotidien – ma vision politique.

> > “Persist and Resist” (Épictète)

Image : The Great Famine of 1315

A toutes celles et ceux qui sont intéressés par l’écriture inclusive

J’écris ce texte dans un contexte de débat sur le fait qu’il faille dire “Madame LE premier ministre” ou “Madame LA première ministre” (avec la nomination, en Belgique, de Sophie Wilmès à ce poste). Ca me donne l’occasion de partager la manière dont j’essaie de m’en sortir avec l’écriture inclusive.

Pour mettre d’abord cette question de premier ministre de côté, mon “Grevisse” de 1980 dit que “l’évolution de la vie sociale [a créé] des formes féminines nouvelles”, comme “la ministre”, “la sénatrice”, “la préfète”, “l’avocate”, etc. (n°422). Un nota bene de cette même page dit que c’est l’usage qui laisse prévaloir le masculin (“Madame LE ministre”), mais que c’est embarrassant pour les accords qui suivent (“Madame le ministre est heureuse d’inaugurer…”). En ce qui me concerne, “Madame LA première ministre”, me va très bien pour des raisons de facilité, comme je vais l’expliquer dans la suite.

Petite précaution d’usage : je ne suis pas linguiste, je ne défends pas une vision spécifique de la langue française. Je ne suis pas non plus dans un quelconque combat idéologique. Ce qui suit est juste la manière de faire de quelqu’un dont une partie importante des activités constitue à écrire, et qui essaye de n’exclure personne dans ce qu’il écrit…

Et je le fais, je crois, à 99%, que ce soit dans mes publications, dans mes mails, dans mes tweets et même dans mes textos…

Commençons :

1. Je pense qu’il y a une confusion entre les questions relatives à la syntaxe, c’est-à-dire le “genre grammatical”, et les conséquences au niveau sémantique lorsqu’on parle d’êtres sexués (ce que Grevisse appelle le “genre naturel”).

Je m’explique :

Personne, je pense, n’écrira “les chaises et les bancs ont été rangé.e.s”. “Chaise” est féminin et “banc” est masculin. Je ne sais pas pourquoi ces deux mots ont ce genre-là, c’est probablement dans leur étymologie ou dans leur forme qu’il faut aller chercher la raison… Quoi qu’il en soit, bien que “chaise” soit féminin, et “banc” masculin, “chaise” ne renvoie pas plus aux femmes que “banc” aux hommes.

Si en parlant des chaises et des bancs, je dis “tout a été rangé”, voire même “tous ont été rangés”, je rends invisible dans ma phrase le fait que je parle d’objets féminins et d’objets masculins, puisque tout est au masculin. Mais, ça ne pose pas vraiment de problèmes puisque le fait qu’ils soient féminins ou masculins relève en partie de l’arbitraire, de la langue à laquelle le français a emprunté ce mot, de sa forme, de sa sonorité, etc.

2. Le problème arrive lorsque les règles d’accord (de syntaxe) rendent invisibles une partie de la population (conséquence sémantique), en l’occurence les femmes. Si je parle d’une classe de 23 femmes et 1 homme qui ont passé leur diplôme cette année, selon la règle classique, je devrais écrire “tous ceux qui ont été diplômés cette année…”. En lisant la phrase, on peut penser qu’il n’y a que des hommes OU qu’il y a des hommes et des femmes, et que le masculin l’a emporté, comme le veut la règle classique. Mais on n’en sait rien. Continue reading A toutes celles et ceux qui sont intéressés par l’écriture inclusive

Brève réflexion sur la structuration du territoire

Une réflexion très rapide (en courant ce matin dans les bois), par rapport à la structuration du territoire… 

Quand on se balade dans la nature, on passe par tout un ensemble de lieux-dits, le plus souvent liés à des éléments naturels : rivières et ruisseaux, moulins, bois, monts, vallées, rochers, vieilles fermes, etc.

Et on retrouve pratiquement tous ces éléments naturels dans les cartes, et les textes du Moyen-Âge (chartes, chroniques, etc.), parce que ces éléments structuraient l’espace : limites de duchés et comtés, propriétés, dépendances, dîmes, etc. En fait, ces éléments ont structuré notre espace durant des milliers d’années (probablement des millions même si on n’en a pas de traces écrites).

Dit autrement, les cartes IGN des randonneurs et randonneuses sont assez similaires aux cartes Ferraris (1770-1778) des historiens et historiennes.

Les éléments naturels, liés au territoire et au terroir, structurent bien mieux, et plus naturellement, l’espace que les autoroutes qui coupent les campagnes, divisent les hameaux, etc., ou que les centres commerciaux en périphérie des centres villes et des lieux de vie…

Comprenons-nous, il est évidemment compliqué, avec le mode de vie actuel, de se passer des grands axes autoroutiers, des pôles économiques, etc., mais les aménagements futurs devraient à mon sens retrouver le lien avec l’histoire et la topologie géographique.

Au risque de me répéter (je l’ai écrit dans plusieurs textes), la transition vers un nouveau modèle de société doit, je crois, commencer par une réflexion sur la structuration du territoire. Et on ne construira pas une société plus respectueuse de l’environnement sans structurer le territoire de cette société sur son environnement naturel.

Pour être précis, dans le projet de construire quelque chose de nouveau, je mettrais d’abord autour de la table – avant les sociologues, les politologues et les économistes -, des géographes et des historiens et historiennes. D’abord réfléchir au territoire (déterminé par des éléments naturels et fruit d’une longue histoire). Et puis réfléchir à quel société on construit sur ce territoire.

Des géographes et des historiens et historiennes intéressés ?

Pour aller plus loin :

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Brève réflexion sur la croyance en politique

Tout système politique doit créer de la croyance : la croyance qu’il permet de sélectionner les bonnes personnes pour gouverner.

Et cela se fait de manière “tautologique” (comme beaucoup de choses qui participent au “fétichisme politique” décrit par Bourdieu*) :

On se dit que ce sont les bonnes personnes au pouvoir, parce qu’elles ont été choisies par le bon système politique.

ET (en même temps)

On se dit que c’est le bon système politique, parce qu’il a permis de mettre les bonnes personnes au pouvoir.

… Et tant que cette croyance se maintient et se reproduit dans une part assez grande de la population, tout se passe plus ou moins bien. L’élu incarne la validité du système politique, et le système politique fonde la validité de l’élu.

Jusqu’à ce que, comme maintenant, le système politique n’arrive plus à créer cette croyance. C’est flagrant en Belgique, comme en France.

Alors, là, tout s’inverse : Continue reading Brève réflexion sur la croyance en politique

Urbanisme, parking et personnes âgées. Brève réflexion…

Avoir un pied dans le secteur de la participation citoyenne et un pied dans le sport et la santé, ça permet de voir les choses un peu différemment. Exemple… 

Lorsque j’anime des processus participatifs concernant des projets d’aménagement urbain, il y a toujours cette question des parkings et de la place de la voiture qui revient.

Bien sûr (presque) tout le monde est conscient qu’on ne peut plus, aujourd’hui, faire des aménagements qui iraient vers le tout-à-la-voiture. Il faut favoriser la mobilité douce : vélo, voirie partagée avec piétons prioritaires sur la voiture, etc.

Mais vient toujours la question des personnes âgées et des PMR, et la nécessité de garder des places de parking les plus proches possibles des commerces, par exemple, pour qu’elles aient le moins possible à marcher.

Si ça peut paraître sensé au niveau urbanistique, c’est par contre contradictoire avec toute prescription en matière de santé ! S’il y a UNE chose dont on est sûr, c’est qu’il faut faire tout ce qui est possible pour que les personnes âgées marchent le plus possible.

Il y a de très nombreuses études qui montrent que le fait de marcher est un indicateur très précis de l’espérance de vie. Plus une personne âgée marche, plus longtemps elle vivra (et surtout plus longtemps elle vivra en bonne santé)

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#Walgov : Brève réflexion sur la “société civile” en démocratie

Autant je peux comprendre qu’on ne soit pas convaincu par la proposition de @lacoordination et des associations très ciblées qu’elle représente, autant je ne comprends pas le dénigrement de la notion de “société civile”. Philippe Walkowiak, journaliste RTBF, en parle comme d’un “ectoplasme” ??

C’est quand même pas une notion sortie du chapeau d’Ecolo. Pour beaucoup d’auteurs, la “société civile” est un élément fondamental de la démocratie.

A mon sens, c’est Tocqueville qui en parle le mieux… (Cet article est issu d’un Thread que j’ai publié sur Twitter

Dans “De la démocratie en Amérique”, Tocqueville explique l’importance de ce qu’il appelle “la vie civile” aux Etats-unis : c’est-à-dire toutes ces associations qui ne sont ni politiques, ni industrielles.

Tocqueville compare avec la France et l’Angleterre. En France, le gouvernement tend à s’occuper de tout; en Angleterre, ce sont les grands Seigneurs; et aux Etats-Unis, ce sont les associations. Continue reading #Walgov : Brève réflexion sur la “société civile” en démocratie